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Brèves
Villes-Mondes : Lisbonne, 30 octobre 2011 à 14h
vendredi 28 octobre

France Culture

J’ai toujours eu un lien très fort avec Lisbonne. Enfant, j’y étais allé avec ma mère. Elle était portugaise, elle est morte lorsque j’avais 5 ans. Il y a quelques années, j’ai voulu m’installer un an dans cette ville. Finalement, je ne l’ai jamais quittée. J’y habite depuis 4 ans. C’est pour moi la ville de l’enfance, des fantômes et des deuils. Aujourd’hui, c’est la ville où je me sens le mieux. Pour la première fois, je me sens chez moi.

Vivre à Lisbonne, c’est ressentir la saudade, un sentiment de douce mélancolie typiquement portugais. Car si la ville se tourne résolument vers l’avenir et la modernité, elle demeure néanmoins figée dans un temps révolu, dont on capture les traces au détour des rues. Toute l’histoire portugaise nous apparaît ainsi, celle du temps des grandes découvertes, de la chape de plomb de près de quarante ans de dictature, du faste des temps coloniaux, des libertés acquises et de la movida artistique issues de la révolution des œillets de 1974.

L’entrée du Portugal dans la communauté européenne a offert à sa capitale une période faste et heureuse. Mais aujourd’hui, un temps de crise freine ce dynamisme. La plupart des grands projets d’urbanisme de la ville sont interrompus. La première mesure gouvernementale de restriction budgétaire a été de fermer le Ministère de la culture, pour le remplacer par un simple secrétariat d’Etat.

Malgré ces sombres perspectives, la ville et ses artistes gardent leur énergie intacte. J’ai demande à 9 artistes de partager avec nous, leur rapport intime à la ville. Ils sont internationalement reconnus ou de la jeune génération. Ils sont : comédien, metteur en scène, chorégraphe, plasticien, chanteur, photographe, styliste, cinéaste, écrivain et nous traversons avec eux les lieux emblématiques de la « Ville Blanche ».

A la manière de Fernando Pessoa dans son livre-balade « Lisbonne », ils nous entraînent dans leur ville, et nous guident vers leurs endroits favoris. A travers leurs voix, nous découvrons les mutations de la ville et les évolutions de sa scène artistique.

Par Pierre Primetens

Chargée de réalisation : Anna Szmuc

Technicien : Philippe Carminati

Avec :

Catarina Wallenstein, actrice >>> sa filmographie

Jorge Silva Melo,réalisateur >>> site de sa compagnie

Vera Mantero,chorégraphe >>>son travail

Miguel Palma,artiste plasticien >>> son site

Paulo Furtado (The Legendary Tigerman),chanteur >>> son site

Jorge Molder, photographe >>> son site

João Branco et Luis Sanchez de Storytailors,stylistes >>> le site de Storytailors

Joao Pedro Rodrigues, cinéaste >>> sa biographie

Lien : http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-villes-mondes-lisbonne-2011-10-30.html

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Fernando Pessoa, génie de son temps
mercredi 16 juin 2010
par AFAFP

Vie et œuvre de Fernando Pessoa

Fernando Pessoa (1888-1935) est la personnalité la plus importante du modernisme portugais et est aujourd’hui considéré comme le plus remarquable poète portugais du vingtième siècle et même, dans ce siècle, l’un des plus importants au niveau mondial.

Pessoa se considérait comme un génie mais a toujours vécu modestement et, s’il n’était pas totalement inconnu, son influence était minime dans le milieu littéraire en 1935, année de sa mort. Il mourut d’ailleurs sans que la majeure partie de son œuvre ait été publiée : outre quelques poèmes dans des revues (comme Orpheu, dont il faisait partie intégrante), son seul livre publié de son vivant fut Message (Mensagem), dans lequel il glorifiait le passé national et exhortait le pays à accomplir son destin de grandeur. Du reste, il gardait dans un coffre la majorité de sa production, qui vint à être découverte et publiée au cours du siècle. Son œuvre étant très vaste et dispersée, certains de ses textes sont publiés pour la première fois seulement au XXIe siècle.

Né à Lisbonne, Pessoa vécut son enfance et son adolescence en Afrique du Sud, sa mère s’étant remariée après la mort de son père avec le consul du Portugal à Durban ; ses langues maternelles étaient le portugais et l’anglais. De retour à Lisbonne à 17 ans, il a travaillé modestement comme traducteur de correspondance dans une entreprise commerciale, mais avait acquis de façon autodidacte une culture générale extrêmement vaste. Parallèlement, il se consacre à l’écriture, en portugais et en anglais.

Le désoeuvrement de Pessoa devint une incône de l’imaginaire national ; ici, une peinture d’António Costa Pinheiro

Outre l’essai, genre dans lequel il a discouru sur d’innombrables sujets (de la littérature à la politique, de l’histoire nationale au mysticisme), Pessoa s’est aussi lancé dans le conte (Le banquier anarchiste (O Banqueiro Anarquista)) et la dramaturgie (Le marin (O Marinheiro), appelé « drame statique », est une version de Faust). Cependant, bien que l’ensemble de son œuvre soit l’objet d’études et d’intérêt, c’est en poésie qu’il s’est le plus démarqué comme créateur. Son talent de créateur se révèle tôt, dans ses premiers poèmes publiés, « Pluie oblique » (« Chuva Oblíqua »), recueil dans lequel il donne le début d’un nouveau style, l’Intersectionnisme, caractérisé par le croisement du poème de réalités et de temps différents, symbole de la tendance pour la fragmentation et le désoeuvrement qui existe chez Pessoa.

Dans sa poésie, Pessoa démontre qu’il a une conscience excessive de sa propre existence, constatant qu’il intellectualise toutes ses sensations, ce qui l’empêche de ressentir véritablement. En observant d’autres êtres (une moissonneuse qui chante, un chat qui joue dans la rue), il ressent le désir de s’autrer (outrar-se) - c’est à dire d’être autre - désir qui l’accompagne depuis l’enfance. Désirant la simplicité mais se perdant dans la méditation angoissée, il vit la contradiction de vouloir être « une joyeuse inconscience / et la conscience de cela ». Sentant de multiples vies en lui, il cherche une façon de vivre ça à travers l’imposture et la création (imposture = pt. fingimento → le terme latin fingere signifie inventer, créer).

Cette tendance est à distinguer de celle qui constituera la marque la plus originale de Fernando Pessoa : l’hétéronymie, paradigme de la fragmentation de l’identité. Pessoa a créé plusieurs hétéronymes, qui sont des entités poétiques auxquelles il a attribué noms, personnalités et styles différents. Pessoa a créé (ou feint), pour ses trois principaux hétéronymes, des vies bien délinéées, avec date de naissance, parcours, intérêts. À travers ce processus génial de création littéraire, une invention nouvelle de la poésie européenne, il a lui-même donné origine à une œuvre plurielle et très riche, presque comme si c’était l’œuvre d’une génération entière. Ses trois hétéronymes les plus importants (Álvaro de Campos, Alberto Caeiro et Ricardo Reis) ont donné lieu à une production poétique singulière et abondante, qui se joint à celle de Fernando Pessoa lui-même (appelé orthonyme, pour le distinguer des hétéronymes). Si chaque hétéronyme est cohérent dans l’ensemble de sa production, les œuvres de chacun d’entre eux contrastent et sont l’antithèse les unes des autres, comme dans un jeu des contraires. Les hétéronymes

Álvaro de Campos est l’hétéronyme le plus proche du mouvement moderniste (dont il a d’ailleurs fait partie avec le manifeste Ultimatum), cosmopolite, voyageur et dandy. Expansif, c’est le plus innovateur dans le langage et les caractéristiques utilisées. Dans ses longues odes, dans lesquelles il adopte le vers libre, il exalte l’industrialisation et le progrès et manifeste le désir de fusionner avec les machines et la vélocité du siècle nouveau, souffrant de la nette influence du mouvement futuriste. Dans ces compositions, il montre l’envie de « tout ressentir de toutes les manières » (« sentir tudo de todas as maneiras »), un peu comme le poète américain Walt Whitman. C’est aussi le plus instable au niveau de la personnalité : à la fin de sa vie, il ressent une profonde fatigue de la civilisation et un sentiment d’incomplétude qui le poussent à se réfugier dans l’enfance.

Alberto Caeiro est le poète paysan, qui n’a que peu d’instruction et utilise un langage très simple. Il prétend atteindre la vérité et appréhender la connaissance à travers les sensations, rejetant la métaphysique et le transcendantalisme qui était alors en vogue dans la littérature mystique (matière à laquelle, d’ailleurs, Fernando Pessoa orthonyme s’intéressait profondément). Il est donc le maître d’une nouvelle doctrine, le Sensationnisme (la primauté des sentiments comme un pont vers la connaissance), maître reconnu et suivi par tous les autres hétéronymes et aussi par Fernando Pessoa orthonyme.

Ricardo Reis est un poète de formation classique et sa poésie le reflète, par les formes strophiques qu’il utilise et par son recours aux thèmes et aux images classiques. Ses poèmes sont clairs et précis, presque au maximum de la vie. Conscient de la brièveté de la vie, il est adepte de l’épicurisme et de la maxime carpe diem. Face à un monde dominé par des forces supérieures et transcendantes, Reis manifeste parfois un certain orgueil dans sa condition humaine, dans laquelle il se rapproche de l’épicurisme.

Il nous reste à aborder Bernardo Soares, le représentant le plus récemment découvert de la création pessoenne, auteur de l’un des plus importants livres publiés au Portugal au vingtième siècle, Le Livre de l’Intranquilité (O Livro do Desassossego), composé de fragments de prose, et qui est bien l’expression du sentiment d’inquiétude et de névrose du siècle. Soares est défini par Pessoa lui-même comme « semi-hétéronyme », ce en quoi il le place d’une certaine manière dans une position intermédiaire. Il ne s’agit pas d’une création totale comme Reis, Caeiro ou Campo ; il n’a pas d’univers propre, comme eux. Par le style, il se rapproche de Pessoa, et ses angoisses sont aussi les mêmes que celles de son créateur.

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(Cet article est une traduction adaptée du fascicule Resumo da História da Literatura Portuguesa réalisé par Gonçalo Duarte (Institut Camões) dans le cadre du cours Histoire des littératures lusophones I qu’il a donné à l’Université Libre de Bruxelles en 2009.)


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Forum associé à l'article :
Fernando Pessoa, génie de son temps
vendredi 18 juillet 2014
par rizxr95
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