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Brèves
« L’affaire Vargas », de Fernando Pessoa
mercredi 17 octobre

Il s’agit d’un roman-détective, c’est-à-dire que seule compte la trame policière, le reste n’est pas important et donc pas raconté. L’intrigue se focalise sur le mystère et sa résolution. Monsieur Vargas est retrouvé mort dans une rue du quartier lisboète de Benfica. Il avait dîné chez un ami, devait en retrouver un autre en pleine nuit, mais s’il a bien quitté le domicile du premier, il n’est jamais parvenu jusqu’au deuxième.

Les enquêteurs sont convaincus qu’il s’agit d’un suicide, mais le doute subsiste. Arrive donc à un moment de l’histoire l’Auguste Dupin de Pessoa, qui était un admirateur d’Edgar Allan Poe, en la personne d’Abilio Quaresma. C’est le déchiffreur des nouvelles policières de Fernando Pessoa, qui apparaît pour la première fois dans celle-ci, selon la préface que l’auteur avait rédigée pour présenter son recueil. Quaresma le déchiffreur procède uniquement intellectuellement. Il pose à plat tous les faits, et les recoupe de façon à faire éclater la vérité.
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L’Heure du Diable (1988) de Fernando Pessoa
par Colimasson
mercredi 27 février 2013
par AFAFP

« En bas, à une distance plus qu’impossible, il y avait des astres éparpillés, comme de grandes taches de lumière -sans doute des villes de la terre. Le Diable les lui montra. Ce sont les grandes villes du monde : Voici Londres -et il en désigna une autre. Tout au fond, là-bas, c’est Paris. Ce sont des taches de lumière dans les ténèbres, et nous, sur ce pont, nous passons bien au-dessus d’elles, pèlerins du mystère et de la connaissance. »

On imagine Fernando Pessoa tout aussi éloigné du monde que le Diable. On comprend d’ailleurs très rapidement que ce dernier n’est qu’un prétexte : s’il revêt cette apparence diabolique connue de tous, c’est pour s’assurer une compréhension univoque. Un personnage quelconque, trouvé au coin de la rue, aurait eu moins d’impact puisqu’il aurait fallu se mettre d’accord sur les postulats de sa personnalité, au risque que chaque lecteur entende la chose d’une manière différente. Avec un symbole, personne ne devrait risquer de se tromper sur la personnalité du personnage.

« Nous vivons dans ce monde de symboles, dans le même temple clair et obscur -ténèbres visible, pour ainsi dire ; et chaque symbole est une vérité qui peut se substituer à la vérité jusqu’à ce que le temps et les circonstances restituent la véritable vérité. »

L’intrigue tient en quelques mots : au sortir d’un bal masqué, le Diable raccompagne une femme enceinte jusqu’à son domicile. Il échange avec elle une conversation -plutôt monologue puisqu’elle se contente d’écouter et d’émettre quelques répliques qui orientent le discours- qu’elle attribuera peut-être à l’ivresse, ou dont elle ne s’étonnera pas, déjà abrutie par la fatigue. Le Diable ne lui en tiendra pas rigueur et malgré le manque de réceptivité visible de sa compagne de route, il ne désespère pas à crier des oh ! et des ah !, à se dévoiler jusque dans les remarques les plus étonnantes qui constituent le foin de son quotidien, à parler métaphysique, ontologie et symbolisme à l’heure où tout le monde dort ou danse sur Terre... C’est que le Diable ne s’adresse pas vraiment à cette femme, comme la chute de l’histoire nous le fera comprendre. La chute, d’ailleurs, même si elle est originale, n’est pas particulièrement surprenante, et qui connaît un peu les aspirations et les idées de Fernando Pessoa pourrait presque la deviner au terme de la confession touchante et désespérée du Diable. Confession qui aurait également pu être celle de l’auteur, celle du poète :

Paul Delvaux

« Vous avez l’avantage d’être des hommes, et, je crois, parfois, du fond de ma fatigue de tous les abîmes -que mieux vaut le calme et la paix d’une nuit en famille, au coin du feu, que toute cette métaphysique des mystères à laquelle nous, les dieux et les anges, sommes condamnés par substance. »

Le lecteur, avec la connivence de Fernando Pessoa, espère être un meilleur auditeur pour le Diable que la femme avec laquelle il s’entretient dans son livre. Il serait dommage, en effet, de n’ouvrir qu’à moitié ses écoutilles et de croire que ses confessions cherchent seulement à amadouer l’âme pieuse des derniers croyants qui se fourvoieraient encore en imaginant que le Diable est le Mal incarné. L’heure du Diable dissimule d’autres intentions, et on pourrait peut-être presque y déceler l’acte de naissance de Fernando Pessoa. D’une lecture agréable quoique extrêmement brève, L’heure du Diable constitue un nouveau support poétique à croiser avec les autres textes de l’auteur dans la constitution d’un édifice cohérent qui nous ouvre peu à peu les portes à l’univers fascinant de Fernando Pessoa.

Ne pourrait-on pas comparer cette réflexion faite par le Diable :

Citation : « - Contrarier, c’est laid...
-  Contrarier des actes, oui... contrarier des idées non.
-  Et pourquoi ?
-  Parce que contrarier des actes, aussi mauvais soient-ils, c’est gêner la rotation du monde, qui est action. Mais contrarier des idées c’est faire en sorte que l’on nous abandonne et tomber dans le découragement et, de là, dans le rêve et, donc, faire en sorte que l’on appartienne au monde. »

...à celle émise par Nietsche dans son Gai Savoir ?

Citation : « L’homme, même le plus nuisible, est peut-être encore le plus utile sous le rapport de la conservation de l’espèce ; car il entretient en lui-même ou par son influence, chez autrui, des impulsions sans lesquelles l’humanité se serait relâchée et aurait pourri depuis longtemps. La haine, la joie au malheur d’autrui, la soif de rapine et de domination, et tout ce qui est décrié comme méchant : tout cela appartient à l’étonnante économie de la conservation de l’espèce, à une économie sans doute coûteuse, gaspilleuse, et dans l’ensemble prodigieusement insensée ; -mais dont on peut prouver qu’elle a conservé notre espèce jusqu’à ce jour. »

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