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Fête de Camoens, la fête du Portugal le 10 juin
mardi 10 juin
Statue de Camoes

Origines et jeunesse

La date et le lieu de sa naissance sont incertains, mais on estime qu’il est né aux environs de 1525 à Constância, près de Santarém, d’une famille d’origine galicienne d’abord fixée à Chaves, à Vilar de Nantes (pt), et ensuite à Coimbra, puis Lisbonne.

Son père était Simão Vaz de Camões et sa mère Ana de Sá Macedo. Par son père il serait descendant du troubadour galicien Vasco Pires de Camões, par sa mère, apparenté au navigateur Vasco de Gama.

Entre 1542 et 1545, il vécut à Lisbonne, délaissant les études pour fréquenter la cour de dom João III, où il se fit une renommée de poète. Il passa quelque temps à Coimbra où il dut avoir suivi les humanités, peut-être au monastère de Santa Cruz, où il avait un oncle prêtre, Dom Bénto de Camões. Cependant il n’a été retrouvé aucune trace d’un passage du poète à Coimbra, mais la culture raffinée qui ressort de ses écrits fait de la seule université du Portugal en ce temps-là l’endroit où il est le plus probable qu’il ait étudié.

Lié à la maison du comte de Linhares, dom Francisco de Noronha, et peut-être précepteur de son fils dom António, il le suivit à Ceuta en 1549 où il resta jusqu’en 1551.

Cela arrivait souvent dans la carrière militaire des jeunes, comme le rappelle l’élégie Aquela que de amor descomedido. Dans un combat, une flèche l’éborgna :

(...) Passant la longue mer, qui tant de fois Menace me fut de la vie chère ; Maintenant expérimentant la rare Furie de Mars qui sans attendre Dans les yeux voulut que je visse Et touchât son fruit acerbe, Et dans ce mien écu La peinture se verra de son infection.

De retour à Lisbonne, il ne tarda pas à renouer avec la vie de bohème. On lui prête plusieurs amours, non seulement avec des dames de la cour mais selon la légende, avec l’Infante en personne, Da. Maria, sœur du Roi D. Manuel Ier. Il serait tombé en disgrâce, au point d’être exilé à Constáncia. Il n’existe, cependant, pas le moindre fondement documentaire de cette histoire. Une autre légende lui attribue une vive passion pour une grande dame, la comtesse de Linhares, D. Violante de Andrade, ce qui l’aurait fait exiler à Santarém. Ce qui est certain c’est que le jour du « Corpo de Deus » (Corps de Dieu) de 1552, il blessa au cours d’un combat un certain Gonçalo Borges. Arrêté, il fut libéré par lettre royale de rémission le 7 mars 1553, et s’embarqua pour servir aux Indes dans la flotte de Fernão Álvares Cabral, le 24 du même mois. Orient

Il resta quelque temps à Goa, puis fut exilé en 1556 à Macao, pour avoir censuré le vice-roi dans une satire. Ce serait là, dans une grotte qui porte aujourd’hui son nom, qu’il composa le poème qui l’a immortalisé, Les Lusiades (ou Os Lusíadas), où il chante la gloire des Portugais (en latin lusitani), les exploits et les découvertes de Vasco de Gama. Au bout de cinq ans, rappelé de son exil, assailli par une tempête, il fit naufrage sur les côtes de la Cochinchine en retournant à Goa :

Tu vois, par le Cambodge, le fleuve Mékong, (...) Celui-là recevra, placide et large, Dans ses bras les Chants humides Du triste et misérable naufrage, Échappés des bas fonds tourmentés, De la faim, des grands périls, quand L’injuste commandement sera exécuté, Sur celui dont la lyre sonore Sera plus fameuse que fortunée.

(Chant X, 128 Lusiades’)

Dans ce désastre, sauvant de manière héroïque le manuscrit de son poème déjà bien avancé, sa compagne Dinamene célébrée dans de nombreux poèmes serait morte.

De retour à Goa, avant août 1560, il demanda la protection du Vice-Roi Dom Constantin de Bragance dans un long poème octosyllabique. Emprisonné pour dettes, il adressa une supplique en vers à son nouveau Vice-Roi, Dom Francisco Coutinho, pour sa libération.

En 1568 il retourna au Royaume, et fit escale dans l’île de Mozambique, où, deux ans plus tard, le chroniqueur Diogo do Couto, son ami, le rencontra comme il le racontera dans ses Décades (8ème), ajoutant que le poète était « si pauvre qu’il vivait des amis ». Il travaillait alors à la révision de son poème, et dans la composition du « Parnasse de Luis de Camões », avec poésie, philosophie et autres sciences », œuvre volée et jamais retrouvée.

Diogo do Couto lui paya le reste du voyage jusqu’à Lisbonne, où Camões arriva en 1570.

C’est en 1572 qu’il publia Les Lusiades1.

Il dédia son épopée au jeune roi Sébastien Ier qui lui accorda une petite pension qui lui permettrait de vivre, modestement, et 6 ans plus tard, à Lisbonne il assista au départ de l’armée du Portugal, avec en tête son propre roi Sébastien, pour le Maroc.

Il avait proposé d’être le chantre de cette guerre africaine mais Diogo Bernardes lui fut préféré. Cette expédition fut un désastre connu pour la Bataille des trois rois morts, ou d’Alcacèr Quibir (El Ksar el Quibir). Sébastien y trouva la mort ainsi que la fine fleur de la jeunesse portugaise. Après quoi quelques années plus tard le Portugal allait être rattaché à la couronne espagnole, et allait naître le mythe du retour du roi Sébastien, par une nuit de brume pour rendre au Portugal sa grandeur passée.

C’est ainsi que mourut Luis de Camões, cette même année 1580, peut-être dans une maison de Santana, à Lisbonne, ou bien misérablement dans un Hôpital, c’est selon, et avec lui l’âge d’or du Portugal, que son poème épique avait si bien chanté. Il aurait eu selon Almeida Garrett, ces derniers mots :

« Avec moi meurt le Portugal. »

Source

Appel au Portugal
samedi 5 janvier

Bonjour,

Nous vous remercions d’avoir mis sur votre site notre dernière création « INTERVALLE PERSONA » d’après l’oeuvre de Fernando Pessoa.

La résidence s’est achevée le 29 novembre, et 5 représentations ont eu lieu à Cherbourg dans la salle Vox de la scène nationale le Trident.

Nous aimerions emmener notre spectacle au Portugal, en sur-titrage,
et ne connaissant pas spécialement les lieux qui seraient susceptibles de nous accueillir,

Peut-être sauriez-vous nous aiguiller, nous guider dans nos recherches ?

Dans tous les cas, je vous souhaite de toute l’équipe Elan Bleu une très bonne année 2008.

Frédérique Braconnier
C.LʼE.B.[A.R.T.S] Compagnie LʼElan Bleu 61 rue de Lʼabbaye 50100 CHERBOURG OCTEVILLE Tél/Fax : 02.33.04.48.14

La vie des Blogs
Pessoa, le théâtre des hétéronymes
Le Nouveau Recueil par Arnaud Baignot
lundi 14 juillet 2014
par AFAFP

Le Nouveau Recueil Ce à quoi j’assiste est un spectacle sur une autre scène. Ce à quoi j’assiste, c’est moi. Mon Dieu, à qui suis-je en train d’assister ? Combien suis-je ? Qui est moi ? Quel est cet intervalle qui se glisse entre moi et moi ?[1]

Fernando Pessoa a laissé à la postérité près de trente mille pages de textes, touchant à tous les genres (excepté le roman), dont certaines ne paraîtront que plusieurs années après sa disparition en 1935. Ces milliers de pages de littérature dont les langues s’exercent aussi bien en vers qu’en prose témoignent d’un écrivain protéiforme et soucieux de métaphysique. Sa renommée mondiale mais posthume il la doit pour beaucoup aux « hétéronymes », ces poètes « survenus » en lui-même lors d’une expérience singulière de création qu’il dit avoir vécue le 8 mars 1914 et qu’il a rapportée en détail dans une lettre adressée à son ami Casais Monteiro. Ce « jour triomphal » marque l’entrée en scène de quatre poètes : Alberto Caiero, Alvaro de Campos, Ricardo Reis et Fernando Pessoa « orthonyme », c’est-à-dire lui-même, qui naît « en réaction » à ces « hétéronymes ». Quatre personnalités littéraires aussi différentes les unes des autres que le sont leurs œuvres respectives. Quatre pensées, quatre voix, quatre langages poétiques. Des masques de poètes qui cachent une personnalité trouble. Qu’est-ce que ces masques nous révèlent sur l’auteur et sa création ? En quoi les hétéronymes participent-ils d’une « sorte de drame » selon l’expression de Pessoa et font de celui-ci un « dramaturge » comme il le revendique par ailleurs ?

Le je de l’autre

Imaginons que Valéry, Cocteau, Apollinaire, Cendrars et Jouve aient été un seul écrivain, caché derrière des « masques » différents : on aura une idée de ce que Pessoa aurait pu être, de ce qu’il est peut-être, après tout.[2]

Fernando Pessoa n’était pas un seul écrivain mais une multitude d’écrivains à lui seul ; Robert Bréchon avec ses cinq « masques » est encore loin du compte : on a recensé en tout quelques 72 avatars[3] de l’auteur. Cette multiplicité de je fictifs sur fond d’absence du moi, est une pratique itérative chez Fernando Pessoa :

Dès mon enfance, en effet, j’ai eu tendance à m’environner d’un monde fictif, à m’entourer d’amis et de connaissances qui n’ont jamais existé. (...) Je me souviens ainsi de celui qui, me semble-t-il, a été mon premier hétéronyme ou, plutôt, ma première relation inexistante - un certain Chevalier de Pas, héros de mes six ans, pour lequel j’écrivais des lettres par lui à moi-même adressées.[4]

Parmi ces « personnalités littéraires » inventées par Pessoa toutes ne sont pas à envisager d’un même élan comme autant de pseudonymes de l’auteur. En effet, quelques fortes individualités sortent de la masse de cette « coterie inexistante[5] » selon l’expression de Pessoa, dont certaines vont remplir un rôle majeur dans l’évolution et la « révolution » de l’écrivain portugais.

Il faut en effet distinguer parmi ces différentes personnalités, celles qui se détachent à peine de Pessoa lui-même et celles qui ont leur propre vision du monde, philosophie, langage poétique ; parmi ces dernières citons les figures d’Alberto Caiero, poète de la conciliation avec la Nature, auteur du Gardeur de Troupeaux ; Ricardo Reis, poète stoïcien aux innombrables odes ; et le sulfureux sensationniste Alvaro de Campos, auteur entre autres de l’Ode maritime ; nous pouvons également ajouter à cette liste le nom de Bernardo Soares, auteur du Livre de l’intranquillité, avec cette différence toutefois que Fernando Pessoa le qualifiait de « semi-hétéronyme » : « sa personnalité n’est pas la mienne, mais, sans en être vraiment différente, elle en est plutôt une simple mutilation[6] ». Ce terme de « mutilation » nous révèle quelque chose de fondamental sur l’acte de création chez Pessoa : écrire c’est d’abord se couper de soi, c’est-à-dire mourir à soi. Mais s’infirmer, c’est aussi se donner la possibilité de s’inventer autre : outre soi, autre(s) moi(s) en quelque sorte.

Dans une lettre adressée à Casais Monteiro, datée du 13 janvier 1935, le poète portugais explique à son ami la genèse des hétéronymes :

L’origine mentale de mes hétéronymes se trouve dans ma tendance, organique et constante, à la dépersonnalisation et à la simulation (...). Cette tendance à créer autour de moi un autre univers, semblable à celui-ci mais peuplé d’autres êtres, a continué à hanter mon imagination. (...) Un jour (...) - c’était le 8 mars 1914 - (...) j’écrivis plus de trente poèmes à la file, dans une espèce d’extase (...). Ce fut le jour triomphal de ma vie (...). Je commençai par le titre, Le Gardeur de troupeaux. Et ce qui s’en suivit, ce fut l’apparition de quelqu’un en moi, à qui je donnai aussitôt le nom d’Alberto Caeiro. Pardonnez-moi l’absurdité de l’expression ; c’est mon maître qui était apparu en moi. (...). Cela est si vrai que, sitôt écrits ces trente et quelques poèmes, (...) j’écrivis d’affilée, là encore, les six poèmes qui constituent l’ensemble de Pluie oblique, de Fernando Pessoa. Immédiatement et intégralement... C’était le retour de Fernando Pessoa/Alberto Caeiro à Fernando Pessoa tout seul. Ou plutôt c’était la réaction de Fernando Pessoa à son inexistence en tant qu’Alberto Caeiro. Alberto Caiero à peine né, je m’employai aussitôt (de façon instinctive et subconsciente) à lui trouver des disciples. J’arrachai Ricardo Reis, (...). Et voici que soudain, par une dérivation complètement opposée à celle dont était né Ricardo Reis, apparut impétueusement un nouvel individu. D’un seul trait, (...), jaillit l’Ode triomphale d’Alvaro de Campos - l’Ode avec son titre, et l’homme avec le nom qu’il porte. J’ai alors créé une coterie inexistante.[7]

Chez l’écrivain portugais la création est déni du monde et déni de soi ; cette néantisation du monde et de lui-même par l’imagination apparaît comme la condition sine qua non de toute objectivisation de la poésie qu’il porte en lui et de son vivre comme poète. Le plus étonnant, d’après ce que l’on peut lire de cette expérience de création rapportée par Pessoa c’est que sa propre voix de poète (« orthonyme ») se manifeste à partir de la voix du poète fictif Alberto Caiero qu’il considère immédiatement comme son maître. « J’écris pour me parcourir[8] » affirmait le poète Henri Michaux. « Je me suis multiplié pour m’éprouver[9] » dit Alvaro de Campos. La parole de l’autre est découvreuse de soi. Ecrire (pour) Pessoa, c’est s’effacer, pour se découvrir.

À bien lire la relation de Pessoa sur l’événement, et à l’en croire, on constate que les œuvres précèdent leurs « auteurs ». Avant les « porte-parole », il y a une parole, une voix ou plutôt des voix, qui réclament leur je. De ces je divers, naît un « jeu » de création de personnages-poètes à partir desquels Pessoa lui-même affirme sa singulière voix (voie) de poète.

Substitue-toi toujours à toi-même. Tu n’es jamais assez pour toi. (...)

Surviens à toi-même. [10]

S’inventer autre permet à Fernando Pessoa d’exorciser, de vivre, ou du moins d’exprimer, d’affirmer, toutes les virtualités d’êtres contradictoires et frustrés qui parlent en lui ; de se vivre lui-même comme un autre, pour se vivre tout entier ; mieux, pour se réaliser dans tous les sens du terme, car Pessoa est un poète en creux, à la recherche de lui-même.

Les personnages-poètes de Pessoa sont des figures qui n’existent que par la poésie à l’image de leur créateur. Ce sont des voix qui disent chacune à leur façon la vacuité de l’existence, la difficulté sinon l’impossibilité d’être au monde et d’être à soi-même autrement que par la création, la poésie, autrement dit, l’Art : « La littérature, comme toute forme d’art, est l’aveu que la vie ne suffit pas[11] ». Il n’est guère surprenant que Fernando Pessoa ait reconnu dans le poète « hétéronyme » Alberto Caiero, son maître (Ricardo Reis et Alvaro de Campos l’ont identifié comme tel également) ; à la différence des autres voix hétéronymes ou semi-hétéronymes (celles de Campos et Soares tout particulièrement) qui sont souvent celles de « l’intranquillité[12] », la voix de Caiero est celle de l’apaisement :

Mon regard aussi bleu que le ciel

est aussi calme que l’eau au soleil.

Il est ainsi, et bleu et calme,

parce qu’il n’interroge ni ne s’effraie...[13]

On peut parler de « théâtralité » à propos de cette œuvre dans la mesure où il y a la présence de jeux de rôles[14]. Sans doute, « jouer » à être un autre, est-il un moyen nécessaire pour ce poète fondamentalement lyrique, d’écrire et de se dire. Cet « éclatement du moi », est la réponse paradoxale qu’a trouvée Pessoa non seulement pour écrire, mais aussi pour s’atteindre, pour se connaître, pour être à lui-même : « Pour se sentir purement lui-même, chaque être doit se sentir tous les autres[15] » écrit-il. « L’acteur est crée par les rôles[16] » dit Sartre ; « Je » n’est pas sujet de Fernando Pessoa : « je » se conjugue au pluriel indissociablement avec le verbe créer ; autrement dit, « Je » est une fiction qui s’invente ; ou pour mieux dire, « je » s’invente par la somme de ses moi-fictions.

Dissolution de soi et « dramaticité[17] » du moi sont les marques (masques) du tragique pessoan qui résultent de cette double impossibilité : être soi et échapper à soi. L’aspect essentiellement fragmentaire de l’œuvre protéiforme de Pessoa, et donc pour ainsi dire informe, traduit également cette carence ontologique fondamentale dont se nourrit l’œuvre entière.

Mais cette « dramaticité » du « je » pessoan répond également à des enjeux esthétiques. Pessoa voulait dépasser cette poésie d’essence romantique qui ne laisse entendre souvent que la seule subjectivité du poète, autrement dit, une vérité du monde contingenté. Nietzsche (que Pessoa a lu) en avait fait ce constat :

Nous connaissons l’artiste subjectif seulement comme mauvais artiste et parce que nous exigeons dans tous les genres et à tous les niveaux de l’art, surtout et d’abord que l’artiste triomphe de sa subjectivité, qu’il se délivre de son « moi » et qu’il impose silence à toute volonté et à tout désir individuels et parce que sans objectivité, nous ne pouvons jamais croire à la moindre création artistique véritable. C’est pourquoi notre esthétique doit d’abord résoudre le problème de savoir comment le « poète lyrique » est possible en tant qu’artiste, lui qui, d’après l’expérience de tous les temps, dit toujours « je » (...) [18]

Le problème posé par Nietzsche a trouvé sa réponse chez Pessoa à travers l’hétéronymie qui est l’expression lyrique d’un je de l’autre ; lyrisme « objectif » en ceci qu’il est l’expression d’émotions « sincères » mais exprimées « dans la personne de l’autre[19] » : « Par dramatisation de l’émotion j’entends l’élimination de tout ce que l’émotion a d’accidentel et de personnel, afin de la rendre abstraite - humaine.[20] »

Ils [Caiero-Reis-Campos] représentent toute une littérature que j’ai créée et vécue, qui est sincère parce que ressentie (...). J’ai placé une conception profonde de la vie en chacun d’eux, différente chaque fois, mais toujours capable de porter une attention grave à la mystérieuse importance du fait d’exister.[21]

Si cette « dramaticité » du moi pessoan répond sans doute à la cause première d’un « qui suis-je ? », elle correspond aussi à un désir faustien de comprendre le monde au-delà du particulier et d’atteindre à l’essence de l’être, à l’Absolu : « Être une autre personne est d’une grande utilité métaphysique. Dieu est tout le monde.[22] ». Il s’agit donc de se faire « multiple comme l’univers[23] », ou comme l’exprime Alvaro de Campos dans « Passage des heures », sorte de manifeste poético-éthique de :

Sentir tout de toutes les manières,

Vivre de tous les côtés,

Être la même chose de toutes les façons possibles en

Même temps,

Réaliser en soi toute l’humanité de tous les moments

En un seul moment diffus, profus, total et lointain.[24]

« Substitue-toi à Dieu sans vergogne. C’est la seule attitude réellement religieuse. (Dieu est partout sauf en lui-même.)[25]. » Saisir tous les aspects de l’existence, être au monde de façon totale aura été cet impossible tenté par Pessoa.

« Un drame sans théâtre »

Fernando Pessoa n’a cessé d’affirmer le caractère dramatique de l’œuvre hétéronyme. Dans son projet de préface à un livre futur[26], préface générale inachevée datant vraisemblablement de 1916 et qui devait concerner les œuvres des hétéronymes Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Antonio Mora, Alvaro de Campos et Vicente Guedes, Pessoa écrit :

L’œuvre dont voici le premier volume est une œuvre complexe et essentiellement dramatique, même si elle assume des formes variées, et se présente tantôt sous forme de textes en prose, tantôt sous forme de poèmes ou de réflexions philosophiques.[27]

Nous pouvons lire également ceci dans une lettre adressée à Joao Gaspar Simoes datée de 1931 : « Le point central de ma personnalité, en tant qu’artiste, c’est que je suis un poète dramatique[28] ». Enfin dans une lettre adressée à Casais Monteiro datée de Janvier 1935 (soit quelques mois avant sa disparition), Fernando Pessoa écrit :

« Ce que je suis essentiellement - sous les masques involontaires du poète, du raisonneur et de Dieu sait quoi encore - c’est un dramaturge.[29] »

Ces différentes déclarations s’étalent sur près de vingt ans ; de 1915, soit moins d’un an après la « naissance » des hétéronymes, à 1935, année de la disparition de Fernando Pessoa. On y lit la nécessité d’affirmer et de réaffirmer auprès de ses correspondants et de ses éventuels lecteurs, le caractère proprement dramatique de l’œuvre hétéronyme et non seulement de sa genèse ; l’écrivain portugais est conscient de toute évidence que son œuvre est difficile à appréhender sous cet angle, ce qui requiert une sorte de mise au point constante de sa part. Ce qui compte pour Pessoa c’est que l’œuvre hétéronymique, cette « œuvre complexe et essentiellement dramatique[30] », soit lue comme un tout ; il nous suggère ainsi de ne pas lire les poètes hétéronymes seulement pour eux-mêmes, mais de les entendre les uns par rapport aux autres, comme les différents personnages d’un même « drame ».

Caiero, Campos et Reis ne sont pas des pseudonymes de l’écrivain portugais, ou de simples rôles ou masques qu’endossait Pessoa pour se trouver ou se dépasser comme artiste : ce sont des figures de poètes, des personnages avec des attributs, une physionomie, une biographie :

Je leur ai fabriqué des âges, des vies. Ricardo Reis est né en 1887 (...) à Porto, il est médecin et se trouve actuellement au Brésil. Alberto Caiero est né en 1889 et mort en 1915 ; il est né à Lisbonne mais a vécu presque toute sa vie à la campagne. Il n’avait pas de métier et presque pas d’instruction. Álvaro de Campos est né à Tavira le 15 octobre 1890 (...). Lui est, vous le savez, ingénieur naval (de Glasgow), mais il est maintenant à Lisbonne en activité. Caiero était de taille moyenne et, bien que réellement fragile (il est mort tuberculeux) ne paraissait pas aussi fragile qu’il l’était. Ricardo Reis est un peu, mais très peu, plus petit, plus corpulent, mais sec. Álvaro de Campos est grand (1,75 m - 2cm de plus que moi), maigre et tend un peu à se voûter. Tous sont rasés - Caiero est blond clair, yeux bleus, Reis vaguement brun mat, Campos entre le blanc et le brun, un vague type de juif portugais, mais les cheveux raides, avec une raie sur le côté, un monocle, Caiero, je l’ai dit, n’a presque pas eu d’instruction - juste l’école primaire ; il a perdu très tôt son père et sa mère, et est resté chez lui, vivant de petits revenus. Il vivait avec une vieille tante, sa grand-tante. Ricardo Reis, élevé dans un collège de jésuites est, je l’ai dit, médecin ; il vit au Brésil depuis 1919, après s’être expatrié volontairement parce qu’il était monarchiste. C’est un latiniste par l’éducation qui lui a été donnée, et un semi-helléniste par ce qu’il a appris seul. Álvaro de Campos a fait des études banales au lycée, puis il a été envoyé en Ecosse pour y devenir ingénieur, d’abord mécanicien, puis naval. Pendant des vacances, il a fait un voyage en Orient et en a ramené « Opiário ». Le latin lui a été enseigné par un oncle de la Beira, qui était prêtre.[31]

Les hétéronymes ne sont donc pas simplement des voix désincarnées, ils ont été modelés par Pessoa comme de véritables personnages ; des dramatis personae ? Dans les anciennes éditions des textes théâtraux, rapporte Patrice Pavis,

les dramatis personae, personnages (ou masques) du drame », étaient regroupés en une liste précédent la pièce. Il s’agissait de nommer et de caractériser en quelques mots les personnages du drame, d’éclairer d’entrée la perspective de l’auteur sur ses personnages et d’orienter le jugement du spectateur.[32]

Nous savons l’importance des motifs du voyage, de la mer[33], dans la poésie d’Álvaro de Campos ; nous savons également que la poésie d’Alvaro de Campos est influencée par le « futurisme » de Marinetti. Ainsi n’est-ce pas fortuit si Pessoa fait de ce poète portugais, un ingénieur naval expatrié à Glasgow : la profession de ce « character » suggère un « tempérament » poétique particulier qui le distingue radicalement des autres hétéronymes :

J’agis à coup de fer et de vitesse, va et vient, démence,

rage contenue,

Attaché au sillage de tous les rouages je tournoie, heures

ahurissantes,

Et l’univers entier de grincer, crépiter, s’estropier en moi.[34]

La description du personnage de Caiero est également significative de sa personnalité poétique ; Caiero est un poète de la nature, contemplatif et « naïf » ; il est selon les mots de Robert Bréchon l’« ennemi des subtilités intellectuelles, (...) de l’inquiétude métaphysique[35] » :

Je crois au monde comme à une marguerite,

Parce que je le vois. Mais je ne pense pas à lui

Parce que penser, c’est ne pas comprendre...[36]

Pessoa le décrit physiquement comme étant « blond clair », avec des « yeux bleus » ; ces traits, rares pour un portugais, sont allégoriques ; ils traduisent l’idée de « pureté » et d’innocence qui caractérise la poésie de Caiero. Pessoa précise par ailleurs que Caiero n’a eu pour toute instruction que celle dispensée « à l’école primaire » ; cette information suggère ici encore une certaine innocence du poète, caractéristique de sa poésie.

Pour autant, peut-on pour parler des hétéronymes comme de dramatis personae comme a été tentée de le faire la critique Teresa Rita Lopes[37] ? Les dramatis personae supposent une pièce de théâtre ; or, il n’y a pas de pièce de théâtre à proprement parler qui mettrait en scène les hétéronymes. Alvaro de Campos parle de sa vie et donc de son œuvre, c’est-à-dire de l’œuvre hétéronyme de Fernando Pessoa, comme d’un « drame sans théâtre ou d’un théâtre sans drame[38] ». Qu’est-ce à dire ?

Remarquons dans chacune des expressions d’Alvaro de Campos la préposition « sans » qui exprime à la fois l’idée d’absence et de manque mais aussi celle d’exclusion ; ces expressions « miroir » très proche dans leur formulation expriment deux idées concomitantes : la notion de « drame sans théâtre » exprime l’idée d’un « quelque chose qui suit son court » pour reprendre une formule de Samuel Beckett, un « étant », mais qui serait dissimulé au regard, in-visible, c’est-à-dire in-existant (puisque le visible est une des qualités de l’existant). L’expression « théâtre sans drame » suggère quant à elle un spectacle du rien, du vide, de l’inexistence. De Campos-Pessoa nous invite à penser sa vie, peut-être toute vie, peut-être le monde, comme un « étant-inexistant » ; comme une fiction ? :

Quand vous lisez Hamlet, vous ne commencez pas par vous convaincre que cette intrigue ne correspond à rien de réel. (...). Quand on lit, on cesse de vivre. Efforcez-vous maintenant d’y parvenir. Cessez de vivre, et lisez. Qu’est-ce donc que la vie ?[39]

« Le monde entier est un théâtre[40] » fait dire Shakespeare à l’un de ses personnages dans Comme il vous plaira ; « We are such stuff as dreams are made on » (« nous sommes faits de l’étoffe des songes[41] ») dit Prospero dans La tempête. « La vie est un songe » pour Calderon. « Toute la vie est un songe[42] » ; « Tout est théâtre[43] » pour Fernando Pessoa-Soares :

« Plus je contemple le spectacle du monde, (...) et plus profondément je me pénètre de la fiction congénitale de tout, (...). Tout m’apparaît comme un mythe, comme une fiction, rêvés parmi les ombres et l’oubli[44] ».

Du sentiment de l’irréalité du monde, Pessoa fait une œuvre poétique qui emprunte significativement au théâtre ; car le théâtre est le lieu du spectacle des apparences, de l’illusion. Cette lecture du monde comme fiction se double par ailleurs du sentiment de la vacuité de l’existence. Pessoa voulait réunir l’ensemble de sa production hétéronymique sous le titre significatif de Fictions de l’interlude. Le mot « interlude » renvoie au vocabulaire du spectacle. L’interlude désigne un divertissement qui se joue entre deux parties d’un spectacle ; l’interlude est un entre-deux comme le sont les vies fictions de Caiero, Reis et Campos, ces étants-inexistants, qui oscillent entre être et non-être. Les hétéronymes sont les figures du vide d’un entracte qui se joue entre rien et rien. Seul l’instant poétique (l’interlude), permet à ses figures d’ombres et à Pessoa de feindre de se donner une certaine consistance ontologique. L’hétéronymie, ce drame de l’in-existence ne pouvait esthétiquement se déployer autrement que sur une scène de théâtre intangible, simulacre du monde, pour donner toute sa puissance à ce drame du dés-être dont Pessoa fut le théâtre, l’acteur et le spectateur.

[1] PESSOA, Fernando, Fragments d’un voyage immobile, Rivages, Paris, 1990, p. 95.

[2] BRECHON, Robert, Fernando Pessoa, le voyageur immobile, aden, 2002, p.17.

[3] Pascal Dethurens pour sa part avance le chiffre de 75 auteurs : in Pessoa, L’œuvre absolu, Les éditions Infolio, 2006, p.13.

[4] PESSOA, Fernando, Le chemin du serpent, Christian Bourgois, Paris, 1991, pp.153, 154.

[5] BLANCO, José, « lettre à Casais Monteiro datée du 20 Janvier 1935 », op.cit., p.303.

[6] Cité par Richard Zenith, in Le livre de l’intranquillitté, de Fernando Pessoa, Christian Bourgois, Paris, 1999, p.16.

[7] PESSOA, Fernando, Le chemin du serpent, Christian Bourgois, Paris, 1991, pp.153-156.

[8] MICHAUX, Henri, Passages, Gallimard, Paris, 1963, p.93.

[9] PESSOA, Fernando, Poésie d’Alvaro de Campos, Poésie/Gallimard, Paris, 2000, p.181.

[10] PESSOA, Fernando, Le chemin du Serpent, Christian Bourgois, Paris, 1991, p.74.

[11] PESSOA, Fernando, Fragments d’un voyage immobile, Rivages poche, 1990, p.53.

[12] Titre d’un des ouvrages majeurs de F. Pessoa, O livro do Desassossego, (le livre de l’Intranquillité) est le livre de « l’anxiété et de l’incertitude » selon Pessoa : cf. PESSOA, Fernando, Le livre de l’intranquillité, Christian Bourgois, Paris, 1999, p.551.

[13] PESSOA, Fernando, Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes d’Alberto Caeiro, Poésie/Gallimard, Paris, 2000, p.73.

[14] Cf. UBERSFELD, Anne, « théâtralité », in Les termes clés de l’analyse du théâtre, Le Seuil, Paris, 1996.

[15] PESSOA, Fernando, Le chemin du Serpent, Christian Bourgois, Paris, 1991, p. 342.

[16] SARTRE, Jean-Paul, Un théâtre de situations, « l’acteur », coll. Folio-Essais, Gallimard, Paris, 1992, p.222.

[17] Expression de José Augusto Seabra in Fernando Pessoa ou le poémodrame, Les éditions José Corti, Paris, 1988.

[18] NIETZSCHE, Friedrich, La naissance de la tragédie, coll. 10/18, Christian Bourgois, Paris, 1991, p.54.

[19] PESSOA, Fernando, Le chemin du serpent, Christian Bourgois, Paris, 1991, p.146.

[20] PESSOA, Fernando, ibid., p. 101.

[21] PESSOA, Fernando, ibid., pp. 146, 147.

[22] PESSOA, Fernando, Le chemin du serpent, Christian Bourgois, Paris, 1991, p. 73.

[23] PESSOA Fernando, Fragments d’un voyage immobile, Rivages, Paris, 1990, p.58.

[24] PESSOA, Fernando, « Le passage des heures », Alvaro de Campos, Les grandes odes, Œuvres poétiques, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 2001, p.283.

[25] PESSOA, Fernando, Le chemin du serpent, Christian Bourgois, Paris, 1991, p. 74.

[26] PESSOA, Fernando, ibid., pp.172-179.

[27] PESSOA, Fernando, ibid., p.175.

[28] PESSOA, Fernando, « lettre à Joao Gaspar Simoes », in BLANCO, José, op.cit., p.279.

[29] BLANCO, José, « lettre à Casais Monteiro datée du 20 Janvier 1935 », op.cit ; p.309.

[30] PESSOA, Fernando, Le chemin du serpent, Christian Bourgois, Paris, 1991, p.175.

[31] BLANCO, José, op.cit., p.304.

[32] PAVIS, Patrice, Dictionnaire du théâtre, Armand Colin, Paris, 2002.

[33] Cf. PESSOA, Fernando, L’ode Maritime, Fata Morgana, 2003.

[34] PESSOA, Fernando, « Le passage des heures », Alvaro de Campos, Les grandes odes, Œuvres poétiques, Pléiade Gallimard, Paris, 2001, p.288.

[35] BRECHON, Robert, Fernando Pessoa, Le voyageur immobile, aden, 2002, pp. 64, 65.

[36] PESSOA, Fernando, Alberto Caiero, Le Gardeur de troupeaux, Œuvres poétiques, Pléiade Gallimard, Paris, 2001, p.7.

[37] LOPES, Teresa, Rita, préface à Fernando Pessoa et le drame symboliste, op.cit., p.XII.

[38] PESSOA, Fernando, « Magnificat », in Œuvres poétiques, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 2001, p.443.

[39] PESSOA, Fernando, Le chemin du serpent, op.cit., p.172.

[40] SHAKESPEARE, William, Comme il vous plaira, Acte II, Scène VII, GF, Paris, 1964, p.252.

[41] SHAKESPEARE, William, La tempête, Acte IV, Scène I, GF, Paris, 1991, p.225.

[42] PESSOA, Fernando, Le livre de l’intranquillité, Les éditions Christian Bourgois, Paris, p.100.

[43] PESSOA, Fernando, ibid., p.342.

[44] PESSOA, Fernando, ibid. ,p.156.


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