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Brèves
Villes-Mondes : Lisbonne, 30 octobre 2011 à 14h
vendredi 28 octobre

France Culture

J’ai toujours eu un lien très fort avec Lisbonne. Enfant, j’y étais allé avec ma mère. Elle était portugaise, elle est morte lorsque j’avais 5 ans. Il y a quelques années, j’ai voulu m’installer un an dans cette ville. Finalement, je ne l’ai jamais quittée. J’y habite depuis 4 ans. C’est pour moi la ville de l’enfance, des fantômes et des deuils. Aujourd’hui, c’est la ville où je me sens le mieux. Pour la première fois, je me sens chez moi.

Vivre à Lisbonne, c’est ressentir la saudade, un sentiment de douce mélancolie typiquement portugais. Car si la ville se tourne résolument vers l’avenir et la modernité, elle demeure néanmoins figée dans un temps révolu, dont on capture les traces au détour des rues. Toute l’histoire portugaise nous apparaît ainsi, celle du temps des grandes découvertes, de la chape de plomb de près de quarante ans de dictature, du faste des temps coloniaux, des libertés acquises et de la movida artistique issues de la révolution des œillets de 1974.

L’entrée du Portugal dans la communauté européenne a offert à sa capitale une période faste et heureuse. Mais aujourd’hui, un temps de crise freine ce dynamisme. La plupart des grands projets d’urbanisme de la ville sont interrompus. La première mesure gouvernementale de restriction budgétaire a été de fermer le Ministère de la culture, pour le remplacer par un simple secrétariat d’Etat.

Malgré ces sombres perspectives, la ville et ses artistes gardent leur énergie intacte. J’ai demande à 9 artistes de partager avec nous, leur rapport intime à la ville. Ils sont internationalement reconnus ou de la jeune génération. Ils sont : comédien, metteur en scène, chorégraphe, plasticien, chanteur, photographe, styliste, cinéaste, écrivain et nous traversons avec eux les lieux emblématiques de la « Ville Blanche ».

A la manière de Fernando Pessoa dans son livre-balade « Lisbonne », ils nous entraînent dans leur ville, et nous guident vers leurs endroits favoris. A travers leurs voix, nous découvrons les mutations de la ville et les évolutions de sa scène artistique.

Par Pierre Primetens

Chargée de réalisation : Anna Szmuc

Technicien : Philippe Carminati

Avec :

Catarina Wallenstein, actrice >>> sa filmographie

Jorge Silva Melo,réalisateur >>> site de sa compagnie

Vera Mantero,chorégraphe >>>son travail

Miguel Palma,artiste plasticien >>> son site

Paulo Furtado (The Legendary Tigerman),chanteur >>> son site

Jorge Molder, photographe >>> son site

João Branco et Luis Sanchez de Storytailors,stylistes >>> le site de Storytailors

Joao Pedro Rodrigues, cinéaste >>> sa biographie

Lien : http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-villes-mondes-lisbonne-2011-10-30.html

sur le web : villes-mondes
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Il était une fois l’imaginaire de Paule Doyon

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Articles publiés dans cette rubrique
vendredi 11 mars 2016
Poésie
Lisboa m’a pris par la main
par haidaline

Il y a dix jours de cela, je vivais en hiver les pieds dans la neige sale de ma ville et je ne savais pas ce qui m’attendait plus au Sud excepté que j’avais décidé de partir une semaine pour flemmarder le nez en l’air et si possible au soleil.

Lisboa, la ville blanche, porte bien son nom et elle m’a pris gentiment par la main. Elle m’a dit viens voir dans mes ruelles, ça monte et ça descend et le vent chasse les nuages ou les fait danser sur un air de fado ou pas.



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mardi 9 février 2016
Lecture bilingue du livre « Je (ux) », de Fernando Pessoa.
Lire : février à la Tartinerie avec les éditions Chandeigne
Grand Sud, Gers, Sarrant

(JPG) La librairie met régulièrement à l’honneur des petites maisons d’édition afin de nous familiariser avec des ouvrages peu médiatisés et de grande qualité. Ce mois-ci, la Tartinerie propose de découvrir les éditions Chandeigne, spécialisées dans les récits de voyages. A vos agendas

Vendredi 12 février, à 20 h 30, rencontre-échange autour de la « Langue des oiseaux » avec Jean-Yves Nou. Samedi 13, à 20 h 30, rencontre avec Anne Lima, responsable de l’édition Chandeigne. Voyage à travers leurs collections à la découverte de la culture et de l’histoire du Portugal. Lecture bilingue du livre « Je (ux) », de Fernando Pessoa. Repas portugais sur un air de fado.

En savoir plus sur http://www.ladepeche.fr/article/2016/02/04/2269955-lire-fevrier-a-la-tartinerie-avec-les-editions-chandeigne.html#ZlooP1dvHHSUYbFj.99

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jeudi 21 janvier 2016
Next (F9) vous propose des portraits de personnalités
Portrait de Patrick Quillier, amoureux de Fernando Pessoa
par Patrick Lowie

Next (F9) vous propose des portraits de personnalités connues ou inconnues, des poètes ou des vendeurs de boutons, des gauchos ou des gauchers. L’important est de rêver.

Comme l’écrivait Fernando Pessoa, la seule réalité pour moi, ce sont mes sensations.

Était-ce dans un oasis près de Guelmim, chez Priscillia dans la médina, dans une grande demeure froide, lors de l’embaumement ou au 16 de la Rua Coelho da Rocha ?

Je ne sais plus vraiment quand Patrick Quillier m’a convié à cette cérémonie d’un autre monde, bien étrange, mélange de candomblé et de cuite sévère à la ginjinha. Était-ce en 1935, en 1999 ou en 2016 ? Pardon, j’oubliais presque de vous présenter : Patrick Quillier est poète, né à Toulouse, essayiste et traducteur en langue française, fin connaisseur, amoureux de Fernando Pessoa, monument de la littérature portugaise et universelle, mais pas seulement, il a aussi traduit António Osório et Eugénio de Andrade.



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vendredi 3 avril 2015
La vie des Blogs
Carnets de Poésie : Fernando Pessoa

(JPG) Fernando Pessoa - Pour être grand sois entier

Pour être grand, sois entier : rien

En toi n’exagère ou n’exclus.

Sois tout en chaque chose. Mets tout ce que tu es

Dans le moindre de tes actes.

Ainsi en chaque lac brille la lune entière

Pour ce qu’elle vit haut.

Source



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mercredi 5 novembre 2014
Poésie de Fernando Pessoa
Si tu veux te tuer... de Alvaro de Campos
Traduction de Joao Luis Susano
Si tu veux te tuer...
Si tu veux te tuer, pourquoi ne veux-tu pas te tuer ?
Ah, profites-en ! Moi qui aime tellement la mort et la vie,
Si j’osais me tuer, je me tuerais aussi ...
Ah, si tu l’oses, ose !
A quoi te sert le cadre successif d’images extérieures
Que nous appelons le monde ?
La cinématographie des heures représentées
Par des acteurs aux conventions et poses déterminées,
Le cirque polychrome de notre dynamisme sans fin ?
A quoi te sert ton monde intérieur que tu méconnais ?
Peut-être en te tuant, tu le connaîtrais finalement ...



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vendredi 3 octobre 2014
Editions Chandeigne
Je(ux) de Fernando Pessoa, illustré par Ghislaine Herbéra
Octobre 2014
(JPG)
Je(ux) de Fernando Pessoa

Dans Je(ux), le célèbre écrivain portugais Fernando Pessoa (1888-1935) se prête à des jeux d’enfants, de mots et de masques. Car derrière tous ces noms, ces personnages (ou « hétéronymes ») se cache un poète facétieux aux multiples talents. Cette petite anthologie, magnifiquement illustrée par Ghislaine Herbera, révèle le joueur qui est en chacun de nous et prouve que la poésie n’est qu’une vision du monde à travers les yeux d’un enfant espiègle.

Editions Chandeigne



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samedi 24 mai 2014
La vie des Blogs
Un poème d’Alberto Caeiro, ou Fernando Pessoa (Portugal)
"Le gardeur de troupeaux"

Peu m’importe les rimes. Rarement

il est deux arbres semblables, l’un près de l’autre.

Je pense et j’écris ainsi que les fleurs ont une couleur

mais avec moins de perfection dans ma façon de m’exprimer

parce qu’il me manque la simplicité divine

d’être en entier l’extérieur de moi-même et rien de plus.

Je regarde et je m’émeus.

Je m’émeus ainsi que l’eau coule lorsque le sol est en pente.

Et ma poésie est naturelle comme le lever du vent.

Extrait de "Le gardeur de troupeaux"

Peinture de Belkaid Ylies

Source : Par Claire-Lise dans Poésie du monde



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lundi 3 septembre 2012
La vie des Blogs
Charles Juliet & Fernando Pessoa
[anthologie permanente]

L’été est le temps des rediffusions ! Poezibao revient donc sur ses pas et reprend les tout premiers temps de l’anthologie permanente. Elle s’appelait alors l’almanach poétique et a commencé à paraître le 1er janvier 2002 sur le site Zazieweb aujourd’hui disparu (ce qui fait que les poèmes choisis à l’époque ne sont plus accessibles). Les extraits étant très courts à l’époque, Poezibao en publiera deux chaque jour de cet été.

Source



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mercredi 18 juillet 2012
La vie des Blogs
Si je meurs jeune, sans pouvoir publier un seul livre
Fernando Pessoa
COUIC ET COUAC QU’ON EST
(En feuilletant Fernando Pessoa traduit par Armand Guibert, Poésies d’Alvaro de Campos, Poésie/Gallimard)
1. "Je ne peux plus aller seul par les chemins, parce que je ne peux plus aller seul nulle part."
(Fernando Pessoa, Le Gardeur de Troupeaux et les autres poèmes d’Alberto Caeiro) ... plus aller seul par les chemins... plus aller seul nulle part... On a toujours son fantôme avec soi. Il peut changer de nom, il a toujours le même visage. Il peut changer de visage, c’est toujours le même nom.

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dimanche 8 avril 2012
Le Fado
L’âme Portugaise : Fado et Saudade
Paulo Alexandre Esteves Borges

Des culs-de-sac et ruelles du coeur obscur de Lisbonne ou des salons de l’aristocratie la plus " pur-sang ", une même voix s’élève, le Fado.

Il y a des expériences qui nous laissent le coeur aux prises avec un côté inconnu, secret et authentique de la vie. Le Fado est l’une d’elles. Seul le comprend celui qui, plus que l’entendre, l’a déjà écouté ou chanté, dans un des rares temples où de manière véritable se préserve encore son culte. Du profil extatique, contenu et hiératique du (ou de la) fadiste aux trilles de la guitare portugaise et aux âmes qui, silencieuses, yeux clos dans la pénombre, partent d’un frisson de la moelle épinière à la rencontre de la Saudade, " le languir " (au sens vieilli de ce mot), c’est la même action déchirante sur les ténèbres de la banalité.Demeurant, seule, la Voix, une voix endolorie qui jaillit des entrailles comme la flamme d’un feu qui tout consume. Passion pure, gratuite, sans but autre que l’embrasement, embrasement d’autant plus grand qu’offert : " don sacré ".

Des culs-de-sac et ruelles du coeur obscur de Lisbonne ou des salons de l’aristocratie la plus " pur-sang ", une même voix s’élève, quand le crépuscule réabsorbe dans l’obscurité les contours féminins de la ville blanche et rose. Le vent, qui jadis engrossait les juments au Monte Santo, vient à présent pincer les cordes d’une guitare portugaise. Le Tage préte la fraicheur et le rythme de ses vagues. Et les nymphes, sirènes et tritons prennent forme humaine, et, à la lueur de la Lune, se vétissent de noir afin d’être plus nus, plus dans l’intimité de la nuit absolue. C’est alors que les Muses, les Muses camoniennes, soufflent : la célébration commence



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samedi 18 février 2012
La vie des Blogs
FJ Ossang, Fernando Pessoa et Dom Sebastiao
FJ Ossang

En 1999, l’écrivain et cinéaste FJ Ossang a publié le poème de 10 pages, dans le froid spécial des matins de voyage via Pessoa (édité par Derrière la salle de bains). Dans cette errance spatio-temporelle (du Lisbonne du 16è siècle au Londres punk de 1977), Ossang convoque Fernando Pessoa, Christian Rosenkreutz, Victor Chklovski, Stanisław Witkiewicz, Raymond Abellio, Arthur Cravan, Stanislas Rodanski, les Sex Pistols et Dom Sebastiao. Dom Sebastiao, Roi du Portugal et des Algarves de 1557 à 1578, "devenu le Roi caché d’une légende christo-musulmane en matérialisant l’Expansion Mythique des fils de Lusus afin de se dissoudre dans l’universalité et atteindre à la toujours renouvelée création du monde". La destinée du conquérant Roi Sebastiao, soupçonné de folie, n’est pas sans rappeler celle du conquistador espagnol Lope de Aguirre, mythifié au cinéma en 1972 par Werner Herzog. Dom Sebastiao figure donc logiquement au panthéon de FJ Ossang, aux côtés du Comte de Lautréamont, de Roman Fedorovitch von Ungern-Sternberg ou William Burroughs.

fernando pessoa Fernando Pessoa, auteur du Banquier anarchiste et du poème "Le Cinquième Empire".

Voir ici quelques extraits de dans le froid spécial des matins de voyage via Pessoa.

Tombé dans le froid spécial des matins de voyage, qui ne se demande à quoi bon vivre. L’aurore est vaine, et le voyage ne conduit nulle part, si l’on considère qu’à peine sommes-nous débarqués nous attendons qu’une autre étiole se détache du ciel, descende sur les épaules, et nous expulse encore dans Ce froid spécial des matins de voyage.
Suite



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lundi 25 juillet 2011
La vie des Blogs
Il n’est juste qu’à la vie, Fernando Pessoa
Le Gardeur de troupeaux

21. Il n’est juste qu’à la vie, Fernando Pessoa

"Quelle que soit la chose qui se trouve au centre cela est réel plus indubitable que l’existence de la chose elle-même et pourquoi cette chose surgit-elle ? qu’est-ce que tout cela ? d’une autre manière plus émue et plus proche quelle inquiétude profonde d’autre chose que les choses tel ce poème presque toujours subordonné à l’émotion tout de même, l’émotion que nous ne voyons dans rien ne m’attache à rien ni de rien... et au fond de mon esprit il n’est juste qu’à la vie . Rien ne m’attache à rien cheval système solaire converti en une vitesse folle et mes jours devant les choses éprouvent la chevauchée comme à l’imagination."

Fernando Pessoa, Le Gardeur de troupeaux, trad. Alberto Caeiro, Gallimard, coll. "NRF Poésie" 1960.

chant magnétique : Chose, Emotion, Vie, Vitesse Publié par Ariane Molkhou

Source



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dimanche 29 mai 2011
La vie des Blogs
Révolte-moi, mon amour

Le Portugal vit une terrible crise économique... et c’est l’Espagne qui se soulève. Paradoxal ? non, élémentaire mon cher Watson.

Comprenez que la révolution s’est faite au Portugal avec des oeillets et que les soldats en ont eux aussi été l’emblême (voir le groupe Homens da luta concourant à l’Eurovision cette année : le soldat est aujourd’hui encore le symbole du renversement du salazarisme). Tout commence par de la dérision, tout finit par un fado.

Une nation qui attend toujours le retour de son roi disparu à Alcacer Quibir (1578) ne peut pas être véritablement sérieuse... Don Sebastião dont Fernando Pessoa a fait un mythe, retraçant à la fois l’épopée d’un peuple et l’attente mystique d’un cinquième empire, dans le seul livre publié de son vivant : Mensagem (message). Sebastianisme... ou messianisme à la portugaise. Mystère des Lusitaniens tournés vers l’océan, et vers l’au-delà... Lire l’excellent texte de Mathieu Leroux sur cette question, et à qui j’emprunte la citation de Fernando Pessoa :

"Nous avons déjà conquis la Mer ; il ne nous reste qu’à conquérir le Ciel en laissant la Terre aux autres... Sois pluriel comme l’univers." Fernando Pessoa

Mourir pour des idées... oui, mais de mort lente, chantait Brassens. Au Portugal ça serait plutôt "pleurons d’amour... mais... lentement" (en suivant le conseil d’André Comte-Sponville dans "aimer désespérément") ainsi nous ne serons pas malheureux, aimons terriblement en ayant toujours présent à l’esprit que demain... tout sera peut-être fini ("le pire" comme protection), mais, surtout, aimons... totalement. Quel est donc ce peuple qui préfère à la colère économique, et aux manifestations, l’amour et la dérision ?

Le Blog de Luciamel



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mardi 15 février 2011
La vie des Blogs
Les mille visages, Fernando Pessoa
Poésie

Fernando Pessoa

L’intranquillité et l’épreuve du monde dénouent le territoire assomptif de Fernando Pessoa. Les êtres sont comme des ombres dans une forêt d’épervier où passent l’aveugle et le chant orangé du contre- jour. A la surface, l’écorce improvise sa donation, sa porte fardée aux gonds de libration et sous la voûte exilée, le péril vicariant et la provende future.

Pessoa, et le nom ferme l’irréel, le masque azuré de la personne avec l’initiale de palinodie des intrigants. Pessoa, les rues sont ton peuple et tu ne vis pas pour la nuit mais avec la nuit ; la nuit trompeuse, funeste et éclairante, deux doigts qui claquent pour le feu et avec son incendie.

Dans la mesure où tu t’installes, les cafés apprivoisent la raideur de ta nuque, la fascination de tes mains, le choix du pli sur la table qui s’apprête à remettre à l’esprit la damnation d’amplitude de Leibniz.

Le miroir pacifie ton verre, le met en abîme, et le prodigieux lutte vers des contrées de jeux où les cartes abattent leurs quatre rois.

Mais qui appelle aujourd’hui, guetteur de rive ou de rivage, est-ce le voyageur immobile, est-ce l’homme de l’intranquillité ? La part est incertaine entre imagination plénière et contre imagination, entre chaos prophétique et forme d’engendrement ; le futur est l’apostume du présent.

Le temps s’ébruite, se fait plus pressant entre les tempes, le sang gicle en bordure de lac, la contraction est nival ; viennent l’émeute, la crise morale et le dur sourire de l’aliéné.

L’aube recrute ses haleurs, le poids des chevaux décroise les cordes, arrime l’ouragan, l’absurde remonte la pensée jusqu’au vertigineux retard de l’acrobate. Les points dans le ciel, à l’arrière cour une saison en fleurs et une tonnelle ; de Campos, Reis, Caceros, Soares, boivent un thé au jasmin.

L’amitié avait soudé l’inconnu comme on maintient un nageur dans l’étrave des galions. L’effort de scruter les lisses divisait les flots entre courroux et désarroi ; ils étaient partis de l’évocation des alliances, ils revenaient dos à dos avec effroi en duelliste de l’âme et du corps.

L’intériorité avait un sens, une chair, une peau, un esprit, un indicible. C’était vers ce delta de bras que Pessoa mettait toute la centralité et l’expérience pléthorique de la vie, ou de ce qui abondait, colossalement fusant à la vie. Au-delà de l’indépassable de l’œuvre l’imminence créée par le supérieur de l’absence ; cette colonne d’amour, de feu et de sang frappant de part en part le corps de quelque chose, éloigne le fatuaire et son escorte de prédiction vers les confins d’irréductibilité du soleil final.

Bruissement, une levée de pavois, au loin silencieuse, avance vers les amers de Lisbonne pour l’étoilé du connu et de ce qui ne se dévoile pas encore ou jamais en un sillage clandestin, mot après mot jusqu’aux brumes du dicible.

L’inconnu ne se convoque pas, son évocation même est fumée, mais la trace qui reste dans l’indéchiffrable est comme un crépuscule qui redessine les contours des choses tenues et lointaines. Pessoa, c’est ce qui s’approche indiciblement de nous et qui pour le dépli d’une main referme tous les cœurs pour qu’ils battent plus fortement encore avec l’unique et le singulier.

Ce texte fait partie du recueil " LES MILLE VISAGES ".

Droits réservés : Copyright. France D2C8182, Patrick Tafani.

Source



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mercredi 8 décembre 2010
La vie des Blogs
Main tenant

Rencontres poétiques : exil et Pessoa

Pour la deuxième soirée de rencontres poétiques au siège de TIASCI et des Editions Paalam, nous avons évoqué Fernando Pessoa. Nous avions prévu de parler de poésie et d’exil. Alors, pourquoi Pessoa ? Lui qui a vécu presque toute sa vie à Lisbonne, où il est mort en 1935, âgé de 47 ans.

C’est Vasudevan Kanagasabai qui nous a mis sur la piste, racontant comment il a rencontré cet auteur un soir, rentrant du travail, dans l’émission d’André Velter, Poésie sur parole. Fernando Pessoa, né et mort à Lisbonne, a vécu dix années de sa jeunesse (de 1896 à 1905) à Durban, en Afrique du Sud, parlant et étudiant en anglais, langue dans laquelle il écrira des poèmes jusqu’en 1921. Rentré au Portugal, il n’en partira plus, signant de plusieurs hétéronymes ses textes. Une malle contenait ses écrits que nous avons découverts peu à peu à partir de 1982. Au cours de la soirée, nous avons donné, tour à tour, nos voix à ce poète dont le nom signifie Personne. Personne, c’est aussi comme ça que se désigne Ulysse au Cyclope. Voyageurs qui cherchent leur quai...

Ah, tout quai est une saudade en pierre !
Et quand le navire se détache du quai
Et que l’on remarque d’un coup que s’est ouvert un espace
Entre le quai et le navire,
Il me vient, je ne sais pourquoi, une angoisse toute neuve,
Une brume de sentiments de tristesse
Qui brille au soleil de mes angoisses couvertes de gazon
Comme la première fenêtre où l’aurore vient battre,
Et qui m’entoure comme un souvenir d’une autre personne
Qui serait mystérieusement à moi.

Ah, qui sait, qui sait,
Si je ne suis pas déjà parti jadis, bien avant moi,
D’un quai ; si je n’ai pas déjà quitté, navire sous le soleil
Oblique de l’aurore,
Une autre sorte de port ?

(Ode maritime)

Source



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vendredi 3 décembre 2010
Pessoa
Ode triomphale
Traduction de Rime résistante

Universal Poetry Thesaurus & Public Readings of Poetry
Fernando Pessoa
Ode Triomphale : traduction Texte original :

Em febre e olhando os motores como a uma Natureza tropical -
Grandes trópicos humanos de ferro e fogo e força -
Canto, e canto o presente, e também o passado e o futuro.
Porque o presente é todo o passado e todo o futuro
E há Platão e Virgíllo dentro das máquinas e das luzes eléctricas
Só porque houve outrora e foram humanos Virgílio e Platão,
E pedaços do Alexandre Magno do século talvez cinqüenta,
Átomos que hão-de ir ter febre para o cérebro do Ésquilo do século cem,
Andam por estas correias de transmissão e por estes êmbolos e por estes volantes,
Rugindo, rangendo, ciciando, estrugindo, ferreando,
Fazendo-me um excesso de carícias ao corpo numa só carícia à alma.

Ah, poder exprimir-me todo como um motor se exprime !
Ser completo como uma máquina !
Poder ir na vida triunfante como um automóvel último-modelo !
Poder ao menos penetrar-me fisicamente de tudo isto,
Rasgar-me todo, abrir-me completamente, tornar-me passento
A todos os perfumes de óleos e calores e carvões
Desta flora estupenda, negra, artificial e insaciável !

Traduction :

En fièvre et regardant les moteurs comme une Nature tropicale -
Immenses tropiques humains de fer, de feu, de force -
Je chante, et je chante le présent, et aussi le passé et le futur,
Car le présent c’est tout le passé et tout le futur
Et il y a Platon et Virgile dans les machines et les lumières électriques
Rien que parce que jadis il y a eu et c’étaient des humains Virgile et Platon
Et des morceaux de l’Alexandre le Grand d’un possible Cinquantième siècle,
Des atomes qui devront aller s’enfiévrer dans le cerveau de l’Eschyle du centième siècle,
Parcourent ces courroies de transmission et ces pistons et ces rouages,
En rugissant, crissant, vrombissant, glapissant, ferraillant,
Me faisant un trop-plein de caresses au corps dans une seule caresse à l’âme.

Ah ! Pouvoir m’exprimer tout entier comme un moteur s’exprime !
Être complet comme une machine !
Pouvoir s’avancer dans la vie aussi triomphant qu’une automobile dernier modèle !
Pouvoir au moins me pénétrer physiquement de tout cela,
Me déchirer tout entier, m’ouvrir complètement, me faire pour eux
À tous les parfums d’huiles et de chaleurs et de charbons
De cette flore stupéfiante, de cette flore noire, artificielle et insatiable !

quarta-feira 17 de Novembro de 2010, por Rime Résistante



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mardi 19 octobre 2010
Fernando Pessoa - Toujours je me réveille

Carnets de Poésie de Guess Who

Fernando Pessoa - Toujours je me réveille

Toujours je me réveille avant le point du jour,

et j’écris lourd de ce sommeil que j’ai perdu.

Puis dans cette torpeur où le froid gagne l’âme,

je guette l’aurore, tant de fois déjà vue.

Je la fixe sans attention, gris-vert

qui se bleuit du chant des coqs.

Quel mal à ne pas dormir ? Nous perdons

ce que la mort nous donne en avant-goût.

Ô printemps apaisé, aurore,

enseigne à ma torpeur où le froid gagne l’âme,

ce qui en mon âme livide la colore

de ce qui va se passer dans le jour.

Source



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mardi 12 octobre 2010
La vie des Blogs
Chacun a son propre alcool
Vox Poetik

Chacun a son propre alcool

Nous sommes à Lisbonne entre 1914 et 1935, quelque part dans la Ville Basse, peut-être un 9 octobre... Fernando Pessoa s’est glissé dans l’ombre de Bernardo Soares, "l’homme debout près d’une fenêtre" pour reprendre la belle formule de Tabucchi, il se penche sur sa vie, il écrit une nouvelle note du Livre de l’intranquillité sans jamais savoir combien de vie il bouleversera avec ce livre...

Chacun de nous a son propre alcool. Je trouve assez d’alcool dans le fait d’exister. Ivre de me sentir, j’erre et marche bien droit. Si c’est l’heure, je reviens à mon bureau, comme tout le monde. Si ce n’est pas l’heure encore, je vais jusqu’au fleuve pour regarder le fleuve, comme tout le monde. Je suis pareil. Et derrière tout cela, il y a mon ciel, où je me constelle en cachette et où je possède mon infini.

Source



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samedi 18 septembre 2010
Fernando Pessoa
Le Pèlerin
Trad. du portugais par P. Gonçalves.

Fernando Pessoa Le Pèlerin Trad. du portugais par P. Gonçalves. La Différence, 2010.

L’Intranquillité Lu par François Mathouret. CD Audio, Thélème Editions, 2010.

par Dominique Cupillard juin 2010 - tome 412/6

Ces deux récentes parutions témoignent de l’engouement des lecteurs pour l’œuvre majeure de Fernando Pessoa, en même temps que de son étonnante prolixité, qui alimente sans cesse de nouvelles parutions. On se souvient de la remarquable réédition en 1999 du Livre de L’Intranquillité, chef-d’œuvre du grand écrivain portugais, suivie de beaucoup d’autres découvertes parues chez Christian Bourgois.

Les éditions La Différence éditent une étonnante nouvelle, Le Pèlerin, récit de 1917, qui nous plonge en quelques pages magnifiques, dans l’univers tourmenté de F. Pessoa.
Dans cette fable initiatique, déchiffrée et commentée par Teresa Rita Lopes, le jeune narrateur, le Pèlerin, mène une vie paisible chez ses parents, jusqu’à ce qu’un mystérieux homme en noir le réveille à la sieste de sa vie, et lui enjoigne de tout quitter : « Ne fixe pas la route ; suis-la jusqu’au bout. »
L’appel était ancien, qu’il avait senti monter lentement, le soir, au cours de ces longues veillées, comme une sourde marée, dans [son] dos, de l’autre côté de la mer.
F. Pessoa nous livre en fait une superbe réflexion, qui résume sa propre quête, sur l’errance métaphysique de l’homme, qu’aucune étape n’apaise, sans autre but que cet appel qui l’a mis en route : « Tous semblaient avoir une destination, et... je n’en avais pas d’autre que la route. »

Cette courte nouvelle est dans la veine des plus grandes fables spirituelles (on pense au Songe d’un homme ridicule de Dostoïevski, paru quarante ans plus tôt).

L’autre parution est la présentation d’un spectacle créé à la Maison de la Poésie, où François Marthouret a incarné sur scène les mots et les situations de L’Intranquillité, en 1997, sous la direction d’Alain Rais. Une autre façon d’entrer dans l’œuvre capitale de Fernando Pessoa.
Dominique Cupillard
Source



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lundi 9 août 2010
Pessoa by Pessoa

(JPG) Pessoa by Pessoa

A terra é sem vida,e nada
Vive mais que o coraçaõ
E envolve-te a terra fria
E a minha saudade naõ !

Fernando PESSOA

"La terre est sans vie, et rien
D’autre ne vit que le cœur
La terre froide t’enveloppe
Mais pas ma nostalgie !"

Et oui, quand on a le même nom de famille qu’un des plus grands poètes du monde connu, il faut faire des dessins à la hauteur.Je fais donc ces dessins au crayon au format A2, pour illustrer mes micro-poèmes préférés de Fernando Pessoa. Avec le but ultime et utopique d’en dessiner assez pour faire, pourquoi pas, un petit recueil....

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jeudi 29 juillet 2010
Le gardeur de troupeaux

Le mystère des choses, où donc est-il ?

Où donc est-il, qu’il n’apparaisse point

pour nous montrer à tout le moins qu’il est le mystère ?

Qu’en sait le fleuve et qu’en sait l’arbre ?

Et moi, qui ne suis pas plus qu’eux, qu’en sais-je ?

Toutes les fois que je regarde les choses et que je pense à ce que les hommes pensent d’elles,

je ris comme un ruisseau bruit avec fraîcheur sur une pierre.

Car l’unique signification oculte des choses,

c’est qu’elles n’aient aucune signification occulte.

Il est plus étrange que toutes les étrangetés

et que les songes de tous les poètes

et que les pensées de tous les philosophes,

que les choses soient réellement ce qu’elles paraissent être

et qu’il n’y ait rien à y comprendre.

Oui, voici ce que mes sens ont appris tout seuls :

les choses n’ont pas de signification,

elles ont une existence.

Les choses sont l’unique sens occulte des choses.

Fernando Pessoa "Le gardeur de troupeaux"

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mercredi 28 juillet 2010
Fernando Pessoa
L’art nous délivre

Fernando Pessoa

L’art nous délivre de façon illusoire, de cette chose sordide qu’est le fait d’exister...

En art, il n’y a pas de désillusion, car l’illusion s’est vue admise dés le début.

Le plaisir que l’art nous offre ne nous appartient pas, à proprement parler :

nous n’avons donc à le payer ni par des souffrances, ni par des remords...

Par le mot art, il faut entendre tout ce qui est cause de plaisir sans pour autant nous appartenir : la trace d’un passage, le sourire offert à quelqu’un d’autre, le soleil couchant, le poème, l’univers objectif.

Posséder c’est perdre.

Sentir sans posséder, c’est conserver, parce que c’est extraire de chaque chose son essence.

Fernando Pessoa

Photo : Musée de l’Orangerie - Les Nymphéas

Source © Carmen Lobo - All right reserved



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dimanche 11 juillet 2010
Fernando Pessoa dans les blogs
Il y a du sublime...
Le Livre de l’intranquillité

Fernando Pessoa - Il y a du sublime...

Il y a du sublime à gaspiller une vie qui pourrait être utile,

à ne jamais réaliser une oeuvre qui serait forcément belle,

à abandonner à mi-chemin la route assurée du succès.

Pourquoi l’art est-il beau ?

Parce qu’il est inutile.

Pourquoi la vie est-elle si laide ?

Parce qu’elle est un tissu de buts, de desseins et d’intentions.

Tous ses chemins sont tracés pour aller d’un point à un autre.

Je donnerais beaucoup pour un chemin conduisant d’un lieu

d’où personne ne vient, vers un lieu où personne ne va.

La beauté des ruines ?

Celle de ne plus servir à rien.

***

Fernando Pessoa (1888-1935) - Le Livre de l’intranquillité

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lundi 28 juin 2010
La vie des blogs
Fernando Pessoa - Autopsychographie
Poésie
Fernando-Pessoa Autopsychographie (JPG)

Feindre est le propre du poète.

Il feint si complètement

Qu’il en arrive à feindre qu’est douleur

La douleur qu’il ressent vraiment.

Et ceux qui lisent ses écrits

Ressentent sous la douleur lue

Non pas les deux qu’il a connues,

Mais bien la seule qu’ils n’ont pas.

Ainsi, sur ses rails circulaires

Tourne, accaparant la raison,

Ce petit train a ressorts

Qui s’appelle le cœur.

Source



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lundi 24 mai 2010
La vie des blogs
Illusion de la pensée : Fernando Pessoa

Illusion de la pensée : Fernando Pessoa "La réalité n’a pas besoin de moi", aimait à dire Pessoa, préfigurant peut-être ceux qui pensent aujourd’hui que l’anthropocentrisme a vécu, et que l’homme se trompe non seulement en imaginant être le centre du monde, mais aussi en pensant que le monde est tel qu’il l’imagine, ce qui est une forme supérieure de l’anthropocentrisme.

D’ailleurs dans le "Traité de la négation" n’écrivait-il pas : "Toute la création est fiction et illusion. La matière est une illusion pour la pensée ; la pensée est une illusion pour l’intuition ; l’intuition est une illusion pour l’idée pure ; l’idée pure est une illusion pour l’être. Dieu est le mensonge suprême"...

Voici un extrait de l’un de ses premiers livres, publié en 1914, "Le Gardeur de troupeau", où il exprime déja cette révérence pour la non-pensée :

Ecouter



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mardi 4 mai 2010
Horizons lointains Lisbonne sur Arte nuit du 3 au 4 mai 2010

Horizons lointains : Lisbonne

ARTE diffuse, dans la nuit du lundi 03 au mardi 04 mai 2010 à 00 heure 10, un volet de la série documentaire "Horizons lointains".

Tel un Lonely planet littéraire, cette collection explore un pays à travers ses auteurs. Ce soir, rendez-vous dans la capitale portugaise, à l’ombre tutélaire de Fernando Pessoa.

À chaque fois, c’est un voyage particulier où les librairies tiennent lieu d’office de tourisme et les écrivains de guides inspirés. Cette collection imaginée par Patrick et Olivier Poivre d’Arvor nous invite à visiter un pays par le prisme de ses auteurs et de leurs écrits. Le périple à Lisbonne commence par une rencontre avec le cinéaste centenaire Manuel de Oliveira, dont l’oeuvre développe un lien très fort avec la littérature. Le Portugal accorde toujours une place prépondérante à la figure du poète Fernando Pessoa, qui a légitimé cette littérature sur la scène mondiale. Son oeuvre fait chaque année l’objet de rééditions, d’éditions enrichies et d’études critiques qui font la couverture des magazines et des suppléments littéraires. Que Pessoa, mais aussi Camões, soient les figures emblématiques des lettres nationales, témoigne d’un goût prononcé pour la poésie qui conserve une influence non négligeable dans la production contemporaine.

Secrets et magie

Quant à la prose, l’influence des auteurs de renom (José Saramago, António Lobo Antunes, Lídia Jorge) qui ont construit leur oeuvre avec la "rupture d’avril", c’est-à-dire la révolution des oeillets, est sensible : occupant une place majeure dans la production littéraire, ils deviennent aussi prescripteurs de son renouvellement. Avec d’autres auteurs lisboètes, ils nous aident à comprendre le destin et la réalité sensible de leur pays : Gonçalo M. Tavares, jeune plume prometteuse, Filipa Melo, Dulce Maria Cardoso, Jacinto Lucas Pires... Et nous révèlent au passage les recoins secrets de ce qui est peut-être la plus magique des capitales européennes.

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dimanche 11 avril 2010
Fernando Pessoa : une existence hors du temps

Fernando Pessoa (1888-1935) est un écrivain à propos duquel les commentaires les plus courants (et qui portent alors sur les noms d’emprunt qui furent les siens, à l’instar du philosophe danois Soren Kierkegaard, sur les “hétéronymes” donc) masquent ou déforment parfois le génie.

“L’instant” se propose d’ouvrir aujourd’hui une autre approche, de cheminer un moment au voisinage de Pessoa, sur une autre route. Parfois contraire aux analyses souvent réitérées.

Laissons donc Pessoa venir simplement jusqu’à nous : écoutons-le en quelques-uns de ses poèmes.

“Lorsque l’été passe sur mon visage

la main légère et chaude de sa brise,

je n’ai qu’à éprouver du plaisir de ce qu’elle soit la brise

ou à éprouver du déplaisir de ce qu’elle soit chaude

et, de quelque manière que je l’éprouve,

c’est ainsi, puisqu’ainsi je l’éprouve, qu’il est de mon devoir de l’éprouver.”

(Le gardeur de troupeaux XXII)

Si on le dit de façon “théorique”, Pessoa définit ce qu’il est, ce que nous sommes, disons la subjectivité, comme “épreuve”.

Je suis parce que j’éprouve.

“J’éprouve, donc je suis.” A l’opposé de la pensée. A l’opposé du “cartésianisme”. A l’opposé de la pensée comme science “galiléenne”.

Fernando Pessoa (1888-1935) est un écrivain à propos duquel les commentaires les plus courants (et qui portent alors sur les noms d’emprunt qui furent les siens, à l’instar du philosophe danois Soren Kierkegaard, sur les “hétéronymes” donc) masquent ou déforment parfois le génie.

“L’instant” se propose d’ouvrir aujourd’hui une autre approche, de cheminer un moment au voisinage de Pessoa, sur une autre route. Parfois contraire aux analyses souvent réitérées.

Laissons donc Pessoa venir simplement jusqu’à nous : écoutons-le en quelques-uns de ses poèmes.

“Lorsque l’été passe sur mon visage

la main légère et chaude de sa brise,

je n’ai qu’à éprouver du plaisir de ce qu’elle soit la brise

ou à éprouver du déplaisir de ce qu’elle soit chaude

et, de quelque manière que je l’éprouve,

c’est ainsi, puisqu’ainsi je l’éprouve, qu’il est de mon devoir de l’éprouver.”

(Le gardeur de troupeaux XXII)

Si on le dit de façon “théorique”, Pessoa définit ce qu’il est, ce que nous sommes, disons la subjectivité, comme “épreuve”.

Je suis parce que j’éprouve.

“J’éprouve, donc je suis.” A l’opposé de la pensée. A l’opposé du “cartésianisme”. A l’opposé de la pensée comme science “galiléenne”.

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dimanche 11 avril 2010
Fernando Pessoa - Tu parles de civilisation (Falas de civilização)

Fernando Pessoa - Tu parles de civilisation (Falas de civilização)

Tu parles de civilisation, tu dis qu’elle ne devrait pas être, ou qu’elle devrait être différente. Tu dis que tous les hommes souffrent, ou la majorité, avec les choses humaines disposées de cette manière. Tu dis que si elles étaient différentes, ils souffriraient moins. Tu dis que si elles étaient selon tes voeux, cela vaudrait mieux. J’écoute et je ne t’entends pas. Pourquoi donc voudrais-je t’entendre ? Si je t’entendais je n’en serais pas plus avancé. Si les choses étaient différentes, elles seraient différentes, voilà tout. Si les choses étaient selon ton coeur, elles seraient selon ton coeur. Malheur à toi et à tous ceux qui passent leur existence à vouloir inventer la machine à faire du bonheur !

***

Fernando Pessoa (1888-1935) (Alberto Caeiro) - Poèmes désassemblés (Poemas Inconjuntos) - Traduction d’Armand Guibert

 par schabrieres le mars 19, 2010, Source



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dimanche 11 avril 2010
La vie des Blogs
Bright moments, autour de Pessoa

Le Gardeur de Troupeaux et le Guetteur Mélancolique... ...

... j’entends passer le vent,
-  et je trouve que rien que pour entendre passer le vent, il vaut la peine d’être né.

Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes

Fernando Pessõa

Être poète n’est pas une ambition que j’aie,
-  c’est ma manière à moi d’être seul.

Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes

Fernando Pessõa

Je me sens né à chaque instant - à l’éternelle nouveauté du Monde...
-  ...
-  Le Monde ne s’est pas fait pour que nous pensions à lui
-  (penser c’est avoir mal aux yeux)
-  mais pour que nous le regardions avec un sentiment d’accord...

Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes

Fernando Pessõa

Source



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jeudi 18 février 2010
La vie des Blogs
Poésies de Fernando Pessoa

A la tombée de la nuit nous jouons aux osselets
Sur le seuil de la porte d’entrée.
Graves comme il sied à un dieu et à un poète,
Et comme si chaque osselet
Etait tout un univers
Et que pour cela ce soit un grand danger pour lui
Que de le laisser tomber par terre.

(Fernando Pessoa)

Poésies



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mercredi 17 février 2010
Larousse.fr
Fernando António Nogueira Pessoa
Poète portugais (Lisbonne 1888 - id. 1935)

Fernando António Nogueira Pessoa
* Alberto Caeiro
* Álvaro de Campos
* Ricardo Reis

Poète portugais (Lisbonne 1888 - id. 1935).
Si sa figure domine de très haut la poésie portugaise moderne, il passa toute sa vie sous le masque, ne publiant sous son nom qu’un mince recueil (Mensagem, 1934) et se dissimulant sous 43 pseudonymes, dont les principaux (ses « hétéronymes ») sont Alberto Caeiro, Álvaro de Campos et Ricardo Reis, qui personnalisent différentes formes de sentir et auxquels il attribua une biographie, un portrait physique et un style différents, chacun correspondant à un cycle d’attitudes quasiment expérimentales. Ayant vécu en Afrique du Sud (son père mourut en 1893 et il partit pour Durban en 1896 avec sa mère remariée ; il ne reviendra à Lisbonne, après un bref séjour en 1901-1902, qu’en 1905), il fréquenta l’université du Cap ; il y acquit une parfaite connaissance de la langue anglaise. La lecture des philosophes allemands, surtout Schopenhauer et Nietzsche, et des symbolistes français laissera aussi des traces dans son œuvre. Il n’a pas 16 ans lorsqu’il compose Marino, œuvre dramatique en anglais, d’inspiration shakespearienne.



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mercredi 17 février 2010
Segue o teu Destino, 1916
Fernando Pessoa - Suis ta destinée (Segue o teu Destino, 1916)
par schabrieres le décembre 23, 2009

Suis ta destinée,
Arrose les plantes,
Aime les roses.
Le reste est l’ombre
D’arbres étrangers.

La réalité
Est toujours plus ou moins
Que ce que nous voulons.
Nous seuls sommes toujours
Égaux à nous-mêmes.

Vivre seul est doux,
Vivre simplement,
Toujours, est noble et grand,
Sur les autels, en ex-voto
Pour les dieux, laisse la douleur.

Regarde la vie de loin.
Ne l’interroge jamais.
Elle ne peut rien
Te dire. La réponse
Est au-delà des dieux.

Mais sereinement
Imite l’Olympe
Au fond de ton coeur.
Les dieux sont dieux
Parce qu’ils ne se pensent pas.

Fernando Pessoa (1888-1935) (Ricardo Reis) - 1-7-1916

par schabrieres le décembre 23, 2009.



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dimanche 20 décembre 2009
Citation de Fernando Pessoa
Vis ta vie. Ne sois pas vécu par elle.
"Vis ta vie" de Charles Antoni

Vis ta vie. Ne sois pas vécu par elle.
Dans la vérité et dans l’erreur, dans le plaisir et dans l’ennui, sois ton être véritable. Tu n’y parviendras qu’en rêvan, parce que ta vie réelle, ta vie humaine, c’est celle qui, loin de t’appartenir, appartient aux autres. Tu remplaceras donc ta vie par le rêve, et tu ne te soucieras que de rêver à la perfection. Dans aucun des actes de la vie-réelle, depuis l’acte de naître jusqu’à celui de mourir, tu n’agis vraiment : tu es agi ; tu ne vis pas ; tu es seulement vécu.
Deviens aux yeux des autres un sphinx absurde.
Enferme-toi mais sans claquer la porte, dans ta tour d’ivoire. Et cette tour d’ivoire, c’est toi-même.
Fernando Pessoa

"Vis ta vie" de Charles Antoni



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vendredi 23 octobre 2009
Pessoa et le futurisme
Colloque international “Le Futurisme et les Avant-gardes au Portugal et au Brésil”
Paris-Sorbonne, les 29 et 30 octobre 2009

Colloque organisé par le CRIMIC de l’Université Paris-Sorbonne, les 29 et 30 octobre 2009, en collaboration avec le CRILUS ( Nanterre), la Chaire Lindley Cintra et les lecteurs de Portugais à Paris (Institut Camões).

"La première impulsion moderniste est donnée en 1915 par la parution à Lisbonne de la revue Orpheu, grâce à Fernando Pessoa et Mário de Sá-Carneiro."

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samedi 17 octobre 2009
La vie des blogs
Pessoa le Berger
Sarah Biasini comédienne

Fernando Pessoa

« Reconnaître la vérité comme vérité, et en même temps comme erreur ; vivre les contraires, sans les accepter ; tout sentir de toutes les manières, et n’être à la fin rien d’autre que l’intelligence de tout - quand l’homme s’élève à un tel sommet, il est libre comme sur tous les sommets, seul comme sur tous les sommets, uni au ciel, auquel il n’est jamais uni, comme sur tous les sommets. »

Fernando_Pessoa

Le Berger

Je n’ai jamais gardé de troupeaux, Mais c’est vraiment tout comme. Mon âme ressemble à un berger, Elle connaît le vent et le soleil Et marche la main dans la main avec les Saisons, Poursuivant son chemin et regardant. Toute la Paix de la Nature sans les hommes Vient s’asseoir auprès de moi. Mais je suis triste comme l’est un coucher de soleil Pour notre imagination, Lorsqu’au fond de la plaine le temps fraîchit Et que l’on sent la nuit entrer Comme un papillon par la fenêtre.

Fernando PESSOA

un des plus grands poètes du siècle dernier

Blog



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vendredi 9 octobre 2009
La vie des blogs
Fernando Pessoa - Ajournement (Adiamento, 1928)

Fernando Pessoa

Après-demain, oui, après-demain seulement... Je passerai la journée de demain à penser à après-demain,
et ainsi ce sera possible ; mais pas aujourd’hui...
Non, aujourd’hui pas moyen ;
impossible aujourd’hui.
La persistance confuse de ma subjectivité objective,v le sommeil de ma vie réelle, intercalé,
la lassitude anticipée et infinie,
un monde de lassitude pour prendre un tram...
cette espèce d’âme...
Après-demain seulement...
Aujourd’hui je veux me préparer,
je veux me préparer à penser demain au lendemain...
C’est lui qui est décisif.
J’ai déjà mon plan tracé ;
mais non, aujourd’hui je ne trace pas de plans...v Demain est le jour des plans.
Demain je m’assieds à mon bureau pour conquérir le monde ;v mais, le monde, je ne vais le conquérir qu’après-demain...v J’ai envie de pleurer,
j’ai envie de pleurer tout d’un coup, intérieurement...
Ne cherchez pas à en savoir davantage, c’est secret, je me tais.v Après-demain seulement...
Lorsque j’étais enfant le cirque du dimanche m’amusait toute la semaine.
Aujourd’hui seul m’amuse le cirque dominical de toute la semaine de mon enfance...
Après-demain je serai autre.
Ma vie sera triomphale,v toutes mes qualités de créature intelligente, cultivée, pratique, seront convoquées par voie d’arrêté
- mais par un arrêté de demain...
Aujourd’hui je veux dormir, je le rédigerai demain.
Pour aujourd’hui, quel est le spectacle qui répéterait mon enfance ?v Même si c’était pour me faire acheter les billets demain, car c’est après-demain que le spectacle est bon...
et pas avant...
Après-demain j’aurai l’attitude que j’étudierai demain.v Après-demain je serai finalement ce qu’aujourd’hui je ne saurais être d’aucune façon.
Après-demain seulement...
J’ai sommeil ainsi qu’a froid un chien errant.
J’ai sommeil infiniment.v Demain je te dirai les paroles, ou après-demain.
Oui, peut-être après-demain seulement...

L’avenir...
Oui, l’avenir...

***

Fernando Pessoa (1888-1935) - Poésies d’Alvaro de Campos

par Schabrieres le septembre 26, 2009.

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dimanche 26 juillet 2009
Poésie
Fernando Pessoa - Autopsychographie (1931)
Schabrieres

Fernando Pessoa - Autopsychographie (1931)
Le poète est un simulateur,
Il simule si totalement qu’il arrive
À simuler comme une douleur
La douleur qu’il ressent vraiment.

Ceux qui lisent ce qu’il écrit
Sentent sous la douleur qu’ils ont lue,
Non pas les deux que lui a ressenties
Mais celle qu’eux ne ressentent pas.

Ainsi sur les rails tourne
En rond, pour occuper la raison,
Ce petit train mécanique
Qu’on appelle le coeur.

Fernando Pessoa (1888-1935)
***
Source



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lundi 6 juillet 2009
Lectures
Fernando PESSOA et le banquier anarchiste
Au hasard des blogs

Fernando PESSOA et le banquier anarchiste.

Bonjour à tous,

Me voilà enfin en vacances de mon activité principale qui a connu d’importants rebondissements ces derniers temps et a programmé mon retour à Menton pour la rentrée de septembre. Cela doit être un signe du destin et celui, avant coureur, de la publication d’un prochain roman car c’est dans cette ville du bout, dans la lumière du Bassin Mentonnais, que j’ai commencé mon activité clandestine d’écriture. A l’aéroport de Nice où j’exerce encore pour deux mois, j’ai cependant pu lire lors de pauses déjeuner sous un olivier domestiqué dans un grand bac de bois placé en extérieur, au premier étage du terminal 1. J’y ai découvert, entre autres, Fernando PESSOA et son "banquier anarchiste", plus quelques fragments de vie. Sans le devenir vraiment (banquier... Anarchiste non plus), il est intéressant de lire la résignation de ce cadre qui explique comment il a pu contribuer à libérer une seule personne : c’est à dire lui-même, par la culture et la connaissance. Peut-être pouvons-nous être des "banquiers anarchistes", chacun à notre niveau et se libérant par la connaissance, aider qui veut bien à se libérer aussi. Mais je viens une nouvelle fois de faire l’expérience qu’on ne change pas les Hommes même en leur donnant attention, confiance, courage et don de soi. Un autre homme m’a éclairé en me faisant remarquer ce qui précède et en me faisant découvrir une fable de notre indémodable Lafontaire : "La grenouille et le scorpion". Je vous invite à sa lecture. Mais revenons à Fernando PESSOA dont la veine de l’existence, comme celle de KAFKA notamment, le style de littérature et la vision du monde se rapprochent d’une geste qui me sied très bien. Je vous souhaite un bon été et vous dis à la rentrée où j’espère vous annoncer la clôture de mon deuxième roman, clandestin et nomade, en même temps que le lancement du manuscrit, comme une bouteille à la mer, auprès des éditeurs. On ne devient que celui qu’on est. A bientôt, Patrick ESTEVE Le Blog du nomadisme



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jeudi 11 juin 2009
Coup de coeur
“Le gardeur de troupeaux” de Fernando Pessoa
Bibliothèque de Véretz

“Le gardeur de troupeaux” de Fernando Pessoa

Fernando Pessoa est un poète portugais de Lisbonne du début du XXème siècle qui a eu une vie plutôt anodine, non reconnu en son temps pour sa poésie. Cette discrétion vient peut-être du fait qu’il a écrit beaucoup de poèmes sous des noms très différents. Dans « Le gardeur de troupeaux », deux « auteurs » différents sont à l’œuvre : Alberto Caeiro et Alvaro de Campos.

Ce qui est extraordinaire pour moi, c’est que ces deux poètes qui n’en sont qu’un seul ont un style d’écriture totalement différent et avec une vision du monde très personnelle. Je me sens beaucoup plus proche de A. Caeiro que de A. de Campos mais à chacun de faire son choix.

Pour vous donner envie d’aller voir par vous-même, voici un de mes poèmes préférés :

Holà, Gardeur de troupeaux,
Sur le bas-côté de la route,
Que te dit le vent qui passe ?

Qu’il est le vent, et qu’il passe,
Et qu’il est déjà passé
Et qu’il passera encore,
Et toi que te dit-il ?

Il me dit bien davantage.
De mainte autre chose il me parle,
De souvenirs et de regrets,
Et de choses qui jamais ne furent.

Tu n’as jamais ouï passer le vent.
Ce que tu lui as entendu dire était mensonge,
Et le mensonge se trouve en toi.

Coup de coeur de Sylvaine

Vous trouverez ce livre à la bibliothèque de Véretz, section documentaires adultes,

à la cote 841 PES Bibliothèque de Véretz



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vendredi 5 juin 2009
04 juin 2009
Pessoa en personne, seul sur scène
Pierre Assouline a aimé

Pessoa en personne, seul sur scène

Quel paradoxe de quitter un théâtre le coeur léger après avoir assisté à un spectacle d’une grande violence ! Non que l’on se réjouisse d’en avoir terminé, au contraire. Alors ? Le bonheur de sentir reconnaissant. Il n’y a pas d’autre explication que cette gratitude manifestée par un léger sourire en remerciement de ces deux heures d’intelligence et de sensibilité. C’était hier soir au Théâtre Vidy à Lausanne, sur les rives du Léman, pour la création de Ode maritime de Fernando Pessoa adapté par Claude Régy. L’alliance entre le grand poète portugais et l’un des metteurs en scène les plus puissants qui soient en Europe, nous fait déjà envisager le plus surprenant, sinon le meilleur. Leur alchimie dépend du comédien : c’est Jean-Quentin Châtelain. Le résultat est un vrai choc. Exigeant en ce qu’il exige beaucoup du spectateur. Au fond, il se contente de le tirer vers le haut sans pour autant se payer sa tête, mais c’est devenu si rare que c’est remarquable.
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mercredi 13 mai 2009
Chevalier Moine
Cavaleiro Monge, poème de Fernando Pessoa
Chanté par Mariza
Il y a de ces poèmes qui laissent une empreinte sur ceux qui la lisent. “Do vale à montanha”, de Fernando Pessoa, est de ces poèmes là. Intégré dans son oeuvre “Mensagem” (message), je vais faire l’exercice périlleux de le traduire. Repris par la chanteuse de Fado Mariza sous le nom de “Cavaleiro Monge”, nous découvrons une musique profonde et sublime, servie, dans le clip, par les jardins de la Quinta da Regaleira, à Sintra. Ecouter

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jeudi 30 avril 2009
Le livre de l’intranquillité
Les chimères d’Elsa
Fernando Pessoa

"Je considère la vie comme une auberge où je dois séjourner, jusqu’à l’arrivée de la diligence de l’abîme. Je ne sais où elle me conduira, car je ne sais rien. Je pourrais considérer cette auberge comme une prison, du fait que je suis contraint d’attendre entre ses murs ; je pourrais la considérer comme un lieu de bonne compagnie, car j’y rencontre des gens divers. Je ne suis cependant ni impatient ni de goûts vulgaires. Je laisse à ce qu’ils sont ceux qui s’enferment dans leur chambre, amorphes, étendus sur un lit où ils attendent sans pouvoir dormir ; je laisse à ce qu’ils font ceux qui bavardent dans les salons d’où les voix et les musiques me parviennent et me frappent agréablement. Je m’assieds à la porte et j’enivre mes yeux et mes oreilles des couleurs et des sons du paysage, et je chante à mi-voix, pour moi seul, de vagues chants que je compose tout en attendant.

La nuit descendra et la diligence arrivera pour nous tous. Je goûte la brise que l’on me donne, et l’âme qu’on m’a donnée pour la goûter, et je n’interroge ni ne cherche davantage. Si ce que je laisse écrit sur le livre des voyageurs peut, relu quelque jour par d’autres que moi, les distraire eux aussi durant leur séjour, ce sera bien. S’ils ne le lisent pas, ou n’y trouvent aucun plaisir, ce sera bien également."

"Le livre de l’intranquillité", autobiographie sans événements, publié chez Christian Bourgois.

Traduction : Françoise Laye

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mardi 5 décembre 2006
Qui est Fernando Pessoa ?
Biographie rêvée...
par Paule Doyon
Je suis née un jour de pluie. Et c’était un dimanche. Je m’en souviens, car je pleurais...
Et ce n’était pas à cause de la pluie. Mais parce que j’étais née sur cette Terre affreuse.
Ensuite, il y eut un grand brouillard et j’oubliai tout...
Il ne faut pas penser pour vouloir vivre. S’il arrive que l’on pense, c’est qu’on est bien
près de mourir. La vie est innocence, plus pure qu’une fille nue. Moi, je voudrais être
Pessoa qui, lui, fut un vrai poète. Lautréamont aussi, mais il plagiait. Parfois, je rêve (...)

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mardi 6 décembre 2005
Saudade
Paulo Alexandre Esteves Borges
Pour véritablement et intensément imaginer, vivre et réaliser ce qu’on imagine, il faut réduire au minimum la réalité vécue auparavant.

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jeudi 24 novembre 2005
Hétéronymes
Poèmes Païens
Alberto Caeiro et Ricardo Reis
C’est la première fois que sont rassemblés tous les poèmes païens de Pessoa, dont certains ont été retrouvés tout récemment, plus de cinquante ans après sa mort ; il n’en existe pas encore d’édition complète, même au Portugal.(1988-1991)

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lundi 21 novembre 2005
Le Chemin du Serpent
« Reconnaître la vérité comme vérité, et en même temps comme erreur ;
vivre les contraires, sans les accepter ;
tout sentir de toutes les manières, et n’être à la fin rien d’autre que l’intelligence de tout - quand l’homme s’élève à un tel sommet, il est libre comme sur tous les sommets, seul comme sur tous les sommets, uni au ciel, auquel il n’est jamais uni, comme sur tous les sommets. »

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