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mercredi 17 mai 2017






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Brèves
Fête de Camoens, la fête du Portugal le 10 juin
mardi 10 juin
Statue de Camoes

Origines et jeunesse

La date et le lieu de sa naissance sont incertains, mais on estime qu’il est né aux environs de 1525 à Constância, près de Santarém, d’une famille d’origine galicienne d’abord fixée à Chaves, à Vilar de Nantes (pt), et ensuite à Coimbra, puis Lisbonne.

Son père était Simão Vaz de Camões et sa mère Ana de Sá Macedo. Par son père il serait descendant du troubadour galicien Vasco Pires de Camões, par sa mère, apparenté au navigateur Vasco de Gama.

Entre 1542 et 1545, il vécut à Lisbonne, délaissant les études pour fréquenter la cour de dom João III, où il se fit une renommée de poète. Il passa quelque temps à Coimbra où il dut avoir suivi les humanités, peut-être au monastère de Santa Cruz, où il avait un oncle prêtre, Dom Bénto de Camões. Cependant il n’a été retrouvé aucune trace d’un passage du poète à Coimbra, mais la culture raffinée qui ressort de ses écrits fait de la seule université du Portugal en ce temps-là l’endroit où il est le plus probable qu’il ait étudié.

Lié à la maison du comte de Linhares, dom Francisco de Noronha, et peut-être précepteur de son fils dom António, il le suivit à Ceuta en 1549 où il resta jusqu’en 1551.

Cela arrivait souvent dans la carrière militaire des jeunes, comme le rappelle l’élégie Aquela que de amor descomedido. Dans un combat, une flèche l’éborgna :

(...) Passant la longue mer, qui tant de fois Menace me fut de la vie chère ; Maintenant expérimentant la rare Furie de Mars qui sans attendre Dans les yeux voulut que je visse Et touchât son fruit acerbe, Et dans ce mien écu La peinture se verra de son infection.

De retour à Lisbonne, il ne tarda pas à renouer avec la vie de bohème. On lui prête plusieurs amours, non seulement avec des dames de la cour mais selon la légende, avec l’Infante en personne, Da. Maria, sœur du Roi D. Manuel Ier. Il serait tombé en disgrâce, au point d’être exilé à Constáncia. Il n’existe, cependant, pas le moindre fondement documentaire de cette histoire. Une autre légende lui attribue une vive passion pour une grande dame, la comtesse de Linhares, D. Violante de Andrade, ce qui l’aurait fait exiler à Santarém. Ce qui est certain c’est que le jour du « Corpo de Deus » (Corps de Dieu) de 1552, il blessa au cours d’un combat un certain Gonçalo Borges. Arrêté, il fut libéré par lettre royale de rémission le 7 mars 1553, et s’embarqua pour servir aux Indes dans la flotte de Fernão Álvares Cabral, le 24 du même mois. Orient

Il resta quelque temps à Goa, puis fut exilé en 1556 à Macao, pour avoir censuré le vice-roi dans une satire. Ce serait là, dans une grotte qui porte aujourd’hui son nom, qu’il composa le poème qui l’a immortalisé, Les Lusiades (ou Os Lusíadas), où il chante la gloire des Portugais (en latin lusitani), les exploits et les découvertes de Vasco de Gama. Au bout de cinq ans, rappelé de son exil, assailli par une tempête, il fit naufrage sur les côtes de la Cochinchine en retournant à Goa :

Tu vois, par le Cambodge, le fleuve Mékong, (...) Celui-là recevra, placide et large, Dans ses bras les Chants humides Du triste et misérable naufrage, Échappés des bas fonds tourmentés, De la faim, des grands périls, quand L’injuste commandement sera exécuté, Sur celui dont la lyre sonore Sera plus fameuse que fortunée.

(Chant X, 128 Lusiades’)

Dans ce désastre, sauvant de manière héroïque le manuscrit de son poème déjà bien avancé, sa compagne Dinamene célébrée dans de nombreux poèmes serait morte.

De retour à Goa, avant août 1560, il demanda la protection du Vice-Roi Dom Constantin de Bragance dans un long poème octosyllabique. Emprisonné pour dettes, il adressa une supplique en vers à son nouveau Vice-Roi, Dom Francisco Coutinho, pour sa libération.

En 1568 il retourna au Royaume, et fit escale dans l’île de Mozambique, où, deux ans plus tard, le chroniqueur Diogo do Couto, son ami, le rencontra comme il le racontera dans ses Décades (8ème), ajoutant que le poète était « si pauvre qu’il vivait des amis ». Il travaillait alors à la révision de son poème, et dans la composition du « Parnasse de Luis de Camões », avec poésie, philosophie et autres sciences », œuvre volée et jamais retrouvée.

Diogo do Couto lui paya le reste du voyage jusqu’à Lisbonne, où Camões arriva en 1570.

C’est en 1572 qu’il publia Les Lusiades1.

Il dédia son épopée au jeune roi Sébastien Ier qui lui accorda une petite pension qui lui permettrait de vivre, modestement, et 6 ans plus tard, à Lisbonne il assista au départ de l’armée du Portugal, avec en tête son propre roi Sébastien, pour le Maroc.

Il avait proposé d’être le chantre de cette guerre africaine mais Diogo Bernardes lui fut préféré. Cette expédition fut un désastre connu pour la Bataille des trois rois morts, ou d’Alcacèr Quibir (El Ksar el Quibir). Sébastien y trouva la mort ainsi que la fine fleur de la jeunesse portugaise. Après quoi quelques années plus tard le Portugal allait être rattaché à la couronne espagnole, et allait naître le mythe du retour du roi Sébastien, par une nuit de brume pour rendre au Portugal sa grandeur passée.

C’est ainsi que mourut Luis de Camões, cette même année 1580, peut-être dans une maison de Santana, à Lisbonne, ou bien misérablement dans un Hôpital, c’est selon, et avec lui l’âge d’or du Portugal, que son poème épique avait si bien chanté. Il aurait eu selon Almeida Garrett, ces derniers mots :

« Avec moi meurt le Portugal. »

Source

Appel au Portugal
samedi 5 janvier

Bonjour,

Nous vous remercions d’avoir mis sur votre site notre dernière création « INTERVALLE PERSONA » d’après l’oeuvre de Fernando Pessoa.

La résidence s’est achevée le 29 novembre, et 5 représentations ont eu lieu à Cherbourg dans la salle Vox de la scène nationale le Trident.

Nous aimerions emmener notre spectacle au Portugal, en sur-titrage,
et ne connaissant pas spécialement les lieux qui seraient susceptibles de nous accueillir,

Peut-être sauriez-vous nous aiguiller, nous guider dans nos recherches ?

Dans tous les cas, je vous souhaite de toute l’équipe Elan Bleu une très bonne année 2008.

Frédérique Braconnier
C.LʼE.B.[A.R.T.S] Compagnie LʼElan Bleu 61 rue de Lʼabbaye 50100 CHERBOURG OCTEVILLE Tél/Fax : 02.33.04.48.14

Articles publiés dans cette rubrique
jeudi 9 mars 2017
par AFAFP
Si vous l’avez manqué
Croisements de lecture : « Le Livre de l’Intranquillité » de Fernando Pessoa & « Des arbres à abattre » de Thomas Bernhard
Séminaire de Régis Salado « L’intranquillité à l’œuvre » (Paris-Diderot)
Dossier d’analyse sur Le Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa et Des arbres à abattre de Thomas Bernhard, dans le cadre du séminaire de Régis Salado « L’intranquillité à l’œuvre » (Paris-Diderot).

« A première vue, l’œuvre critique de Borges semble possédée d’un étrange démon du rapprochement »[1]. Ainsi s’ouvre l’article de Gérard Genette dans Figures I, « L’utopie littéraire ». Quelques pages plus loin, il ajoute : « Dans le temps réversible de la lecture, Cervantes et Kafka sont tous deux contemporains, et l’influence de Kafka sur Cervantes n’est pas moindre que l’influence de Cervantes sur Kafka »[2]. Ces propos s’appuient sur les nouvelles de Jorge Luis Borges, rassemblées dans le volume Fictions, en particulier celle intitulée « Pierre Ménard, auteur du Quichotte », qui illustre bien ce phénomène de lecture, cette liberté du lecteur à confondre les temporalités et les auteurs qu’il appelle « l’anachronisme délibéré »[3]. Contrairement à la notion d’intertextualité formalisée par la théorie littéraire, qui souligne de façon scientifique les phénomènes d’écho entre les œuvres, cette conception adopte un point de vue profondément subjectif. C’est une telle posture qui est ici adoptée dans le rapprochement du Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa avec Des arbres à abattre de Thomas Bernhard[4].
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lundi 14 novembre 2016
par AFAFP
Fernando Pessoa
Une Ode maritime enivrante
par La compagnie Eukaryote théâtre, Clermont-Ferrand
Une Ode maritime enivrante La compagnie Eukaryote théâtre a proposé 3 jours durant, les 4, 5 et 6 novembre, à la Cour des Trois Coquins le texte de Fernando Pessoa dans une mise en scène de Manuel Pons.

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lundi 11 juillet 2016
par AFAFP
Fernando Pessoa
le blog profencampagne
Le livre de l’intranquillité
Un Jour... Un Auteur... Fernando Pessoa...
Vivre une vie cultivée et sans passion, au souffle capricieux des idées, en lisant, en rêvant, en songeant à écrire, une vie suffisamment lente pour être toujours au bord de l’ennui, suffisamment réfléchie pour n’y tomber jamais. Vivre cette vie loin des émotions et des pensées, avec seulement l’idée des émotions, et l’émotion des idées. Stagner au soleil en se teignant d’or, comme un lac obscur bordé de fleurs. Avoir, dans l’ombre, cette noblesse de l’individualisme qui consiste à ne rien réclamer, jamais, de la vie. Être, dans le tournoiement des mondes, comme une poussière de fleurs, qu’un vent inconnu soulève dans le jour finissant, et que la torpeur du crépuscule laisse retomber au hasard, indistincte au milieu de formes plus vastes. Être cela de connaissance sûre, sans gaieté ni tristesse, mais reconnaissant au soleil de son éclat, et aux étoiles de leur éloignement. En dehors de cela, ne rien être, ne rien avoir, ne rien vouloir... Musique de mendiant affamé, chanson d’aveugle, objet par un voyageur inconnu, traces dans le désert de quelque chameau avançant, sans charge et sans but...
Source

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lundi 11 juillet 2016
par AFAFP
Fernando Pessoa
Le meilleur des portugais n’est pas Ronaldo.
10 juillet
https://www.youtube.com/watch ?feature=player_embedded&v=b0Jc63KAFLE

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mardi 10 mars 2015
par AFAFP
La vie des blogs
La vie amoureuse de Fernando Pessoa
Par Youcef Elmeddah

Fernando Pessoa, cet écrivain poète portugais qui écrivit :

"Nous avons tous deux vies : La vraie, celle que nous avons rêvée dans notre enfance, et que nous continuons à rêver, adultes, sur un fond de brouillard. La fausse, celle que nous vivons dans nos rapports avec les autres, qui est la pratique, l’utile, celle où l’on finit par nous mettre au cercueil."

Il avait, comme Mozart, une vie amoureuse pour le moins tumultueuse.

La seule femme connue dans sa vie s’appelle Ophélia dont on a publié 48 lettres qui lui ont été adressées par Pessoa entre 1920 et 1929. Relation trouble entre un homme et une femme qu’il a rencontrée dans l’entreprise de son cousin où elle a été embauchée comme secrétaire et où lui-même travaillait comme traducteur. Elle avait 19 ans et lui 32 ans.

Relation trouble. Ils sont ensemble, pas ensemble. Ils s’aiment. Se détestent. Partagent quelques plaisirs puis rompent. Puis reviennent ensemble. Une vie si tumultueuse qu’elle a fait l’objet d’une analyse psychanalytique par un certain José Martinho.



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lundi 14 juillet 2014
par AFAFP
La vie des Blogs
Pessoa, le théâtre des hétéronymes
Le Nouveau Recueil par Arnaud Baignot

Ce à quoi j’assiste est un spectacle sur une autre scène. Ce à quoi j’assiste, c’est moi. Mon Dieu, à qui suis-je en train d’assister ? Combien suis-je ? Qui est moi ? Quel est cet intervalle qui se glisse entre moi et moi ?[1]

Fernando Pessoa a laissé à la postérité près de trente mille pages de textes, touchant à tous les genres (excepté le roman), dont certaines ne paraîtront que plusieurs années après sa disparition en 1935. Ces milliers de pages de littérature dont les langues s’exercent aussi bien en vers qu’en prose témoignent d’un écrivain protéiforme et soucieux de métaphysique. Sa renommée mondiale mais posthume il la doit pour beaucoup aux « hétéronymes », ces poètes « survenus » en lui-même lors d’une expérience singulière de création qu’il dit avoir vécue le 8 mars 1914 et qu’il a rapportée en détail dans une lettre adressée à son ami Casais Monteiro. Ce « jour triomphal » marque l’entrée en scène de quatre poètes : Alberto Caiero, Alvaro de Campos, Ricardo Reis et Fernando Pessoa « orthonyme », c’est-à-dire lui-même, qui naît « en réaction » à ces « hétéronymes ». Quatre personnalités littéraires aussi différentes les unes des autres que le sont leurs œuvres respectives. Quatre pensées, quatre voix, quatre langages poétiques. Des masques de poètes qui cachent une personnalité trouble. Qu’est-ce que ces masques nous révèlent sur l’auteur et sa création ? En quoi les hétéronymes participent-ils d’une « sorte de drame » selon l’expression de Pessoa et font de celui-ci un « dramaturge » comme il le revendique par ailleurs ?
Le Nouveau Recueil



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dimanche 27 avril 2014
par AFAFP
Pessoa et le Portugal
Le Portugal en mouvement 40 ans après sa révolution
Par Isabelle Blondel - Le 24/04/2014 - Le Figaro.fr
Le Portugal, pays du Fado fut, le 25 avril 1974, le théâtre d’une révolution douce, sans effusion de sang, la révolution des œillets ; une révolution de velours qui vit une poignée de capitaines renverser en quelques heures un régime au pouvoir depuis 48 ans. Quarante ans plus tard, le Portugal poursuit en douceur son apprentissage de la démocratie. Petit tour d’horizon culturel pour vivre à l’heure lusitanienne.

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samedi 12 octobre 2013
par AFAFP
Théâtre
Jean-Michel Ribes et les auteurs "à la marge"
de Rabelais à Fernando Pessoa.
Le directeur du théâtre du Rond Point évoque ces écrivains qui l’ont marqué, de Rabelais à Fernando Pessoa.
Ne parlez surtout pas de livre de chevet à Jean-Michel Ribes. Tous ses livres sont éloignés de son lit : "je m’endors au bout de deux lignes. Je n’aurais jamais rien lu de ma vie si les livres étaient posés sur mon chevet !"
Source

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mardi 12 février 2013
par AFAFP
Théâtre de Lenche, Marseille
Sur le Quai / Ode Maritime de Fernando Pessoa
mise en scène par Ivan Romeuf - Zibeline
22 janvier 2013⇒2 février 2013 Comment un petit employé de « maison de commerce » de Lisbonne qui regardait la mer sans trop s’approcher du bord du quai a-t-il pu composer une Ode Maritime aussi puissante et singulière dans son bouillonnement verbal ? Éternel mystère de l’homme -au pluriel pour Fernando Pessoa écrivain éclaté en hétéronymes divers- et de l’œuvre signée ici Alvaro de Campos, pseudo ingénieur-mécanicien de la marine jeté dans une houleuse modernité à qui la mer ouvre les routes de l’esprit.
Zibeline

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mardi 8 janvier 2013
par AFAFP
essentielle.be
Concours « Miroirs de Fernando Pessoa »
Theatre de la Place des Martyrs

essentielle.be vous offre 5 x 2 places pour assister au spectacle “Miroir de Fernando Pessoa” le jeudi 17 janvier à 20h15

« Imaginons, dit un critique, que Valéry, Claudel, Cocteau, Gide et Apollinaire n’aient été qu’un seul auteur ». Tel est Pessoa, l’immense écrivain aux multiples visages.

Miroirs de Fernando Pessoa plonge au cœur de son univers devenu mythique. Tantôt intensément poétique, tantôt drôle et déjanté, c’est un voyage vertigineux dans un labyrinthe peuplé de doubles aussi contradictoires que des poètes néo-paganistes, un nouveau Faust, un banquier anarchiste, un créateur d’odes futuristes, un rêveur mélancolique, voire un déchiffreur d’énigmes policières...
Source



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mardi 4 décembre 2012
par AFAFP
Magazine Littéraire
Fernando Pessoa en personnes
par Régis Salado

Dossier - 29/11/2012 par Régis Salado dans Mensuel n°526 à la page 72 (1462 mots) | Payant

Pour le Portugais, l’intériorité n’est pas pleine et entière : elle résonne de diverses voix étrangères l’une à l’autre. Il en tirera toutes les conséquences par un usage radical des pseudonymes.

Telle que l’a conçue et mise en oeuvre Fernando Pessoa (1888-1935), l’hétéronymie, c’est-à-dire l’écriture sous pseudonymes et l’invention d’auteurs imaginaires qui l’accompagne, interroge d’une manière radicale des notions aussi centrales que celles d’auteur et d’autorité, d’identité, et bien sûr d’unité de l’oeuvre. Pessoa a laissé plusieurs témoignages concernant l’hétéronymie. Dans le plus détaillé de ces textes, la fameuse « lettre sur la genèse des hétéronymes » datée de janvier 1935, l’accent est mis sur trois aspects : l’apparition concomitante des poèmes et des figures d’auteurs,

Source

(1) Le Gardeur de troupeaux et les autres poèmes d’Alberto Caeiro, avec Poésies d’Álvaro de Campos, Fernando Pessoa, traduit du portugais par Armand Guibert, 1987, éd. Gallimard/Poésie, p. 31-32.

(2) Cancioneiro, Fernando Pessoa, traduit du portugais par Michel Chandeigne et Patrick Quillier, 1988, éd. Christian Bourgois, p. 82-83.

(3) Voir le sublime « Bureau de tabac » de 1928 : « Je ne suis rien./Jamais je ne serai rien./Je ne puis vouloir être rien./Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde. » (Le Gardeur de troupeaux, op. cit., p. 204).

(4) Le Livre de l’intranquillité, Fernando Pessoa, traduit du portugais par Françoise Laye, 1999, éd. Christian Bourgois, fragments 93-94, p. 125.



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lundi 2 avril 2012
par AFAFP
On en parle
« L’appel du large », ou le théâtre sensible d’Etienne Van der Belen
L’Orient, Le jour

Fantaisie et émotion Seul sur scène avec pour tout décor et... interlocuteur une chaise sur le dossier de laquelle il pose son chapeau, Etienne Van der Belen, à la fois conteur et comédien, emporte le public dans une histoire familiale aux accents en même temps intimes et parfaitement universels.

Une famille dont il incarne les différents membres avec une convaincante habileté. À commencer par le duo de personnages central : celui du jeune homme épris de théâtre, mais empli de doutes et d’hésitations et sa grand-mère, une vieille dame fantasque et exubérante, qui partage sa passion. Pressentant son heure arriver, cette dernière encourage son petit-fils à monter en spectacle l’Ode maritime de Fernando Pessoa, leur auteur d’élection. Les mots du grand poète portugais traduisent cette quête ultime de réalisation de soi et de liberté qui anime ces deux êtres, tous deux, justement, sur le point de répondre à l’appel du large...



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lundi 5 mars 2012
par AFAFP
La vie des blogs
Le sommeil au théâtre est une attitude critique
Journal de bord d’une accro

JE NE SUIS PERSONNE (28) montage de textes de Fernando Pessoa, La Loge 28 février

Mise en scène Guillaume Clayssen, avec Aurelia Arto, scénographie Stéphanie Papin

Guillaume Clayssen a présenté depuis 2005 des expériences théâtrales singulières, d’abord aux Rencontres de la Cartoucherie en 2005, avec Attention ! Attentions, puis à l’Étoile du Nord avec Les monstres philosophes, À la grecque et Memento moi dans le cadre du festival À court de forme. Avec Je ne suis personne, il pénètre dans l’univers de Fernando Pessoa, étrange et prolifique poète portugais, passionné par les hétéronymes dont le nom comme celui qu’Ulysse avait donné au Cyclope, signifie personne.
La loge située 77 rue de Charonne accueillait Je ne suis personne pour 6 représentations, du 21 février au 1e mars dans de bonnes conditions, avec un partage des recettes. www.lalogeparis.fr



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lundi 7 novembre 2011
par AFAFP
Pessoa - Le livre de l’intranquillité T2
Le livre de l’intranquillité peut être considéré comme le livre d’une vie
L’Or des livres

Je connaissais plus la réputation de ce grand écrivain que son oeuvre, n’ayant lu de lui qu’un unique recueil de poèmes (4) , aussi ai-je été surprise de ressentir une impression de déjà lu à la lecture du volume II de ce fameux livre considéré comme un des chefs-d’oeuvres de la littérature universelle.

J’y ai retrouvé en effet bien des thèmes et des réflexions semblant inspirés du Monde comme volonté et comme représentation, sans qu’il ne soit jamais fait explicitement référence à Schopenhauer , et y ai découvert un héros narrateur empruntant de très nombreux traits au héros de Carnets du sous-sol de Dostoïevski , lui même grand lecteur du philosophe allemand. Et l’originalité indéniable de l’univers de Fernando Pessoa m’a semblé de ce fait un peu réduite à son ancrage dans Lisbonne et , surtout, à la façon dont l’auteur rend compte de cet univers en le magnifiant grâce à une somptueuse prose poétique aux accents parfois mystiques, une prose qui se veut plus réelle que la vie.

Source



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mercredi 30 mars 2011
par AFAFP
CULTURE
Fernando Pessoa ou la référence absolue des lettres portugaises
Philippe Despeysses (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html)

...Fernando Pessoa et la chanson brésilienne Sensationnisme et Néo paganisme chez Fernando Pessoa Fernando Pessoa et les proverbes portugais

Le plus grand écrivain portugais depuis la Renaissance, Fernando Pessoa, dont l’ombre tutélaire plane toujours sur la littérature portugaise, reste encore un éternel sujet d’investigation, non seulement pour les Portugais mais aussi au niveau international car n’oublions pas qu’il fut au début du 20ème siècle un des 3 grands poètes à l’origine du modernisme en poésie

Mais qui était-il donc ? Fernando Pessoa (1888-1935) n’était qu’un modeste employé de bureau qui en dehors de son travail déambulait tout venant dans les rues de Lisbonne d’un café à l’autre, tout en écrivant. "Tout est rue dans la vie" disait-il au sujet de sa ville mais il disait aussi : "Mieux vaut écrire que risquer de vivre" et là sont les deux facettes du personnage : se laisser porter par les sensations du quotidien tout en choisissant de rêver sa vie plutôt que de la vivre.
Philippe Despeysses



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mercredi 30 mars 2011
par AFAFP
Sur Fernando Pessoa
De combien de vies sommes-nous capables ?
par Jérôme de Gramont

Sur Fernando Pessoa
« De combien de vies sommes-nous capables ? »
par Jérôme de Gramont
avril 2011 - tome 414/4

Entre naissance et mort il y a plus que l’étendue d’une vie. Par exemple, entre 1888 et 1935, dates officielles qui bornent l’existence du poète Fernando Pessoa, celles qu’on peut trouver dans tous les dictionnaires et dont il n’y a pas lieu d’imaginer qu’elles soient fausses, plusieurs vies s’écoulent. Combien ? Quatre, cinq, plus encore ? A jamais plus en tout cas que les spécialistes de la littérature portu­gaise n’ont de doigts pour les compter - des dizaines, des centaines, si l’on songe que derrière chaque nom propre il y a tout une histoire dont nous ne recueillons jamais qu’une infime partie (parfois un visage, une anecdote, une phrase). Ils forment une coterie, une foule, ils sont nés de l’imagina­tion d’un poète, mais comme pour toute naissance ils mènent maintenant une existence séparée de leur père. Ce sont les « hétéronymes » de Pessoa - non pas de simples pseudo­nymes, quand une même vie se contente d’emprunter d’autres noms pour suivre son propre cours, mais bien des vies autres, ou des oeuvres éprouvées dans la personne d’un autre, des individualités complètes qu’il faut tenir pour distinctes de leur auteur. « J’ai placé, écrit Pessoa dans une lettre à Cortes- Rodriguez du 19 janvier 1915, une conception profonde de la vie en chacun d’eux, différente chaque fois, mais toujours capable de porter une attention grave à la mystérieuse impor­tance du fait d’exister. »

Plan de l’article :

Fernando Pessoa et ses hétéronymes
Le jour de la naissance du poète
Dire ce que nous voyons
Le bonheur d’être
La tentation de la mélancolie
Au moins deux vies

Source



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samedi 5 février 2011
par AFAFP
Les incontournables de Pessoa
A Lisbonne, sur les traces de Fernando Pessoa
Week-end découverte

Besoin d’un petit alibi culturel pour un week-end découverte ? La capitale du Portugal propose de sillonner Lisbonne sur les traces de Fernando Pessoa, figure majeure de la littérature portugaise du XXème siècle. Son oeuvre est fortement influencée par la ville de Lisbonne qui l’a vu naître en 1888 et s’éteindre en 1935.

A Lisbonne, sur les traces de Fernando Pessoa La plupart des lieux lisboètes que fréquenta Pessoa existent encore : vieux tramways, pavements blancs, cafés, librairies, restaurants... Au coeur du Chiado : la Basilique Nossa Senhora dos Mártires (Rua Serpa Pinto 10a) qu’apercevait le poète portugais depuis les fenêtres de sa demeure de Largo São Carlos (au n°4). L’édifice religieux, à l’origine situé sur la colline São Francisco, a été ravagé par le tremblement de terre qui a frappé Lisbonne en 1755. Il a été reconstruit dans le Chiado entre 1769 et 1783. Pour marcher sur les traces de l’écrivain portugais, rendez-vous Rua dos Douradores et Place da Figueira, dont l’architecture de style pombalin n’était pas forcément du goût de Pessoa qui estimait clairement qu’« Il y tant de choses plus intéressantes que ce lieu logique et plébéien ». C’est en se promenant dans le Chiado que l’on peut s’imaginer l’effervescence politique, littéraire et artistique de Lisbonne, dont Pessoa a été l’un des témoins et même l’un des acteurs et artisans. A Brasileira do Chiado (Rua Garrett, 120), le café emblématique de Lisbonne que Pessoa avait l’habitude de fréquenter. Vous pourrez y savourer le café à la lisboète ou bica. La statue en bronze du poète - oeuvre de Lagoa Henriques - semble encore attendre qu’on lui serve un café torréfié maison en terrasse... C’est ici que se réunissaient monarchistes et républicains, opposants au régime du général António de Oliveira Salazar.

Les incontournables de Pessoa A Lisbonne, sur les traces de Fernando Pessoa Visite incontournable que celle de la Casa Fernando Pessoa (Rua Coelho da Rocha, 16) : la dernière demeure habitée par Pessoa de 1920 à 1935 a été convertie en musée. Une manière d’approcher l’intimité du poète défunt. La bibliothèque personnelle du poète disparu subsiste. Sa chambre fait quant à elle l’objet de mises en scènes de la part d’artistes contemporains. Jusqu’au 30/04, au 3ème étage, vous pourrez admirer les peintures de José David, baptisée « Todos os rostos ».

Restaurez-vous dans la Baixa, sur l’une des tables du Café-restaurante Martinho da Arcada (Praça do Comércio, 3) est le plus vieux café de la ville encore en activité. On pourra s’installer à côté de la table sur laquelle Pessoa écrivit la plupart de ses oeuvres, entre deux verres d’absinthe.

A Lisbonne, sur les traces de Fernando Pessoa L’écrivain et poète, qui a grandi et étudié en Afrique du Sud, est devenu, dans les années 80, un symbole de la modernité littéraire. OEuvres majeures : Pessoa publiera peu de son vivant à l’exception de Mensagem (Message) ; Le Banquier anarchiste ; Le Livre de l’Intranquillité ; OEuvres poétiques complètes. L’essentiel de son oeuvre est publiée chez Christian Bourgois.

Pour tout savoir de la destination Portugal : Office de Tourisme du Portugal

Source



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lundi 3 janvier 2011
par AFAFP
La vie des Blogs
Fernando Pessoa remastérisé... ( 5ème partie )
art-psy

Fernando Pessoa - Je ne suis personne ( 5ème partie )

Le ciel ce jour-là formait un tableau digne des plus grands maîtres, Un tableau aux nuances de couleurs infinies, proches de ce que nous voyons Du monde lorsque halluciné, pour des raisons réelles ou futiles, Nous les approchons exceptionnellement. Mais le bonheur est un oiseau Se posant sur le rebord de votre fenêtre pour vous dire bonjour Et à peine vu, il ne se soucie plus de vous, il s’en va, vous quitte sans remords Pour d’autres rebords, d’autres bonheurs. Heureusement, Je suis au fait de ces choses-là, ne prenant jamais pour argent comptant Ces rêves fugaces nous caressant doucement dans le sens du poil Pour nous rejeter ensuite, puisque c’est là leurs seules raisons d’être, d’exister. Non, je ne crois en rien, ni au bonheur, ni aux hommes. Lucide, tel un navire, Je ne fais que traverser la mer houleuse, capricieuse. Parfois c’est un pincum d’avoir à vivre l’expérience de la vie parce que vos parents À un moment donné l’ont décidé sans vous demander votre avis. Ces lâches, Ces irresponsables, qu’ont-ils fait sinon mettre un grain de sable supplémentaire À la marée qui va et vient inlassablement, indifféremment au gré du vent ? Rien. Alors, vous comprendrez, vous mes lecteurs, mon manque d’entrain À faire comme tout le monde, à singer ces gens pour procréer à mon tour, Cette idée m’apparait insupportable, je ne veux jamais vivre ça, c’est clair, Qu’on se le dise une fois pour toutes. Regardez, regardez la beauté, De l’autre côté du fleuve, le soleil s’éteint, l’agitation du jour peu à peu Fait place à plus de sérénité, le bureau, le travail, les tâches à accomplir, Sont derrière moi maintenant, je ne pense ni à demain, ni aux jours suivants, Seul compte ce moment où m’envahit une plénitude qu’aucun vin Ne pourrait m’apporter, une paix intérieure s’installe. Dans ces instants-là, vous pourriez tirer de moi tous les secrets De ma morne existence de comptable dans cette maison d’import-export M’employant encore puisque je n’arrive pas à trouver un emploi plus noble Et surtout plus proche de mes aspirations en rapport à l’écriture. Ainsi va mon destin, ce n’est pas une plainte que vous entendez ici, C’est un coeur s’ouvrant à cette heure où le jour tend la main à la nuit, Où ces caresses sont les prémices de tout ce que je ne connais pas Et ne veux en aucune façon approcher. Mais pourquoi donc fais-je maintenant Ces rapprochements aux humains, alors que seule la nature m’importe ? Il est difficile de se défaire de cette famille dont je fais partie et si peu intéressante. Je ne peux me départir de moi-même, élément corps du monde, Condamné à vivre et personne, pas même moi, ne peut m’en défaire l’attachement.


— > Tout Pessoa remastérisé <—

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mardi 9 novembre 2010
par AFAFP
La vie des blogs
Critique de film : Requiem, de Alain Tanner
Par Nicofeel

Critique cinéma : Requiem 07:00:00, Catégories : Test / Critique

Titre du film : Requiem

Réalisateur : Alain Tanner

Durée du film : 100 minutes

Date de sortie du film : 1998 (film diffusé en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec : Francis Frappat (Paul), André Marcon (Pierre), Alexandre Zloto (le père), Cécile Tanner (Christine), Miguel Yeco (Fernando Pessoa), etc.

Par Nicofeel

Requiem marque le retour d’Alain Tanner, un des plus grands cinéastes suisses, à Lisbonne, plus de 15 ans après son film Dans La ville blanche (le surnom de la capitale portugaise). Le film va être l’occasion pour Alain Tanner de rendre hommage au grand poète Fernando Pessoa. Francis Frappat interprète le rôle de Paul, un homme venu à Lisbonne afin de retrouver les fantômes de son passé. Pas besoin chez Tanner de proposer des effets spéciaux, l’incursion dans le fantastique se fait tout naturellement avec la rencontre par son principal protagoniste de personnages qui ne sont plus de notre monde. C’est donc la rencontre du vivant avec les morts. Le ton du film est au départ plutôt tranquille avec toutes ces rencontres qui se font naturellement et avec un côté plutôt cool. Au fur et à mesure que le film avance, le ton devient plus sérieux, avec par exemple Paul qui reproche à son ami Pierre d’avoir couché avec Isabelle, l’amour de sa vie. Requiem est un film très mortuaire puisque Paul est amené à parler à des personnes décédées. Mais pas uniquement à des personnes mortes. On remarquera que Paul parle tout aussi bien à des inconnus (le jeune homme rencontré sur le port ; l’homme dans le jardin public ; la fille de l’hôtel ; le contrôleur du train ; la femme qui lui montre une maison où il a vécu auparavant) qui font partie du monde des vivants qu’à des personnes qui l’ont marquées dans sa vie et font partie du monde des morts. Ce voyage de Paul est une façon pour lui de sonder le passé pour mieux appréhender le futur. Requiem est aussi l’occasion pour le réalisateur suisse de faire une véritable déclaration d’amour à Lisbonne. Il y a d’abord cette mise en scène où l’on découvre en même temps que le principal personnage qui déambule dans la ville de beaux endroits de la ville blanche. Et puis il y a aussi de nombreuses références à la littérature (romans, poèmes) et à de la peinture, par la représentation de Les tentation de Saint-Antoine de Jérôme Bosch (1510, musée national d’art ancien à Lisbonne) . D’ailleurs, Paul parle à un homme de ce tableau et de sa capacité à guérir des maladies de peau. Cerise sur le gateau pour les amateurs d’art, le film propose une rencontre fictive entre Paul et Fernando Pessoa. Avec ce dernier, il parle de diverses choses de la vie et de la perte d’identité du Portugal par son intégration dans l’Europe. Film pas forcément facile d’accès de par son rythme que par son incursion « naturelle » du fantastique, Requiem est un beau film d’auteur, hommage évident à la ville de Lisbonne.

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mardi 12 octobre 2010
par AFAFP
La vie des blogs
Fernando Pessoa, Le Gardeur de troupeaux.
En contrepoint aux méditations métaphysiques

En contrepoint aux Méditations métaphysiques, un poème de Fernando Pessoa

vendredi 8 octobre 2010, par M. Blanc

Quelle que soit la chose qui se trouve au centre du Monde,

elle m’a donné le Monde extérieur comme exemple de Réalité,

et quand je dis : « cela est réel », même d’un sentiment,

je le vois malgré moi en un quelconque espace extérieur,

je le vois avec une vision quelconque hors de moi et à moi étranger.

Etre réel, cela veut dire ne pas être au-dedans de moi.

De ma personne intérieure je ne tiens aucune notion de réalité.

Je sais que le monde existe, mais je ne sais pas si j’existe.

Je suis plus certain de l’existence de ma maison blanche que de l’existence

intérieure du maître de la maison blanche.

Je crois en mon corps plus qu’en mon âme,

parce que mon corps se présente au milieu de la réalité,

pouvant être vu par d’autres,

pouvant en toucher d’autres,

pouvant s’asseoir et se tenir debout,

mais mon âme, elle, ne peut être définie qu’en termes d’extériorité.

Elle existe pour moi - aux moments où je trouve qu’elle existe effectivement

par emprunt à la réalité extérieure du Monde.

Si l’âme est plus réelle

que le monde extérieur, ainsi que toi, philosophe, le dis,

pourquoi donc le monde extérieur me fut-il donné comme type de réalité ?

Si le fait pour moi de sentir

est plus indubitable que l’existence de la chose que je sens -

pourquoi est-ce que je sens

et pourquoi cette chose surgit-elle indépendamment de moi

sans avoir besoin de moi pour exister,

et moi toujours lié à moi-même, toujours personnel et intransmissible ?

Pourquoi est-ce que je bouge avec les autres

en ce monde qui est pour nous de compréhension et de coïncidence, si par

hasard ce monde est terreur et si c’est moi qui suis indubitable ?

Si le Monde est une erreur, c’est une erreur de tout le monde.

Et chacun de nous est l’erreur de chacun de nous pris à part.

Chose pour chose, le monde est plus indubitable.

Mais pourquoi est-ce que je m’interroge sinon parce que je suis malade ?

Par les jours précis, les jours extérieurs de ma vie,

les jours où je connais une parfaite lucidité naturelle,

je sens et ne sens pas que je sens,

je vois sans savoir que je vois,

et jamais l’Univers n’est aussi réel qu’alors,

jamais l’Univers n’est (ni proche ni loin de moi, mais) si sublimement

non-mien. Quand je dis : « c’est évident », est-ce que par hasard je veux dire : « je suis seul à le voir » ?

Quand je dis : « c’est vrai », est-ce que par hasard je veux dire : « telle est mon opinion » ?

Quand je dis : « telle chose est là », est-ce que par hasard je veux dire : « telle chose n’est pas là » ?

Et si l’en est ainsi dans la vie, pourquoi en irait-il autrement dans la philosophie ?

Nous vivons avant que de philosopher, nous existons avant de le savoir,

et le premier de ces faits mérite au moins préséance et culte.

Oui, avant que d’être intérieur, nous sommes extérieur.

Et partant, nous sommes extérieur essentiellement.

Tu dis, philosophe malade, philosophe enfin, que c’est là du matérialisme.

Mais comment cela peut-il être du matérialisme, si le matérialisme est une philosophie,

si c’est une philosophie sérieuse, mienne à tout le moins, une philosophie à moi,

alors que cela même n’est pas à moi, et que moi-même je ne suis pas moi ?

Fernando Pessoa, Le Gardeur de troupeaux.

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mardi 28 septembre 2010
par AFAFP
La vie des blogs
Fernando Pessoa - Chronique de la vie qui passe
Le blog de Gérard Morvan

Pour Pessoa, écrire c’est comme fabriquer une bombe : il entoure sa dynamite d’une enveloppe de raisonnement, il lui met une traînée de poudre d’humour. Au lecteur d’allumer la mèche !

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dimanche 26 septembre 2010
par AFAFP
La vie des Blogs
Bibliothèque de l’émotion
Le Gardeur de Troupeau

"Les livres sont pour moi des rencontres. Avec l’auteur, avec la personne qui vous recommande une lecture, avec les libraires. Les livres sont aussi le partage. Le partage du monde, nourri de visions et d’expériences aussi riches qu’elles divergent d’une nature à l’autre. C’est le voyage, un chemin, et la peur mise au tapis. On le sait, la peur vient de l’ignorance, et ces mots - rencontres, partage, découverte - forment un savoir, un tout capable d’éloigner l’obscurité."

mademoiselledupetitbois

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jeudi 15 avril 2010
par AFAFP
La vie des Blogs
Fernando Pessoa - « être cohérent est une maladie », 1915

S’il est un fait étrange et inexplicable, c’est bien qu’une créature douée d’intelligence et de sensibilité reste toujours assise sur la même opinion, toujours cohérente avec elle-même. Tout se transforme continuellement, dans notre corps aussi et par conséquent dans notre cerveau. Alors, comment, sinon pour cause de maladie, tomber et retomber dans cette anomalie de vouloir penser aujourd’hui la même chose qu’hier, alors que non seulement le cerveau d’aujourd’hui n’est déjà plus celui d’hier mais que même le jour d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier ? Être cohérent est une maladie, un atavisme peut-être ; cela remonte à des ancêtres animaux, à un stade de leur évolution où cette disgrâce était naturelle.

Un être doté de nerfs moderne, d’une intelligence sans œillères, d’une sensibilité en éveil, a le devoir cérébral de changer d’opinion et de certitude plusieurs fois par jour.

L’homme discipliné et cultivé fait de son intelligence les miroirs du milieu ambiant transitoire ; il est républicain le matin, monarchiste au crépuscule ; athée sous un soleil éclatant et catholique transmontain à certaines heures d’ombre et de silence ; et ne jurant que par Mallarmé à ces moments de la tombée de la nuit sur la ville où éclosent les lumières, il doit sentir que tout le symbolisme est une invention de fou quand, solitaire devant la mer, il ne sait plus que l’Odyssée. Des convictions profondes, seuls en ont les êtres superficiels. Ceux qui ne font pas attention aux choses, ne les voient guère que pour ne pas s’y cogner, ceux-là sont toujours du même avis, ils sont tout d’une pièce et cohérents. Ils sont du bois dont se servent la politique et la religion, c’est pourquoi ils brûlent si mal devant la Vérité et la Vie.

Quand nous éveillerons-nous à la juste notion que politique, religion et vie en société ne sont que des degrés inférieurs et plébéiens de l’esthétique - l’esthétique de ceux qui ne sont pas capables d’en avoir une ? Ce n’est que lorsqu’une humanité libérée des préjugés de la sincérité et de la cohérence aura habitué ses sensations à vivre indépendantes, qu’on pourra atteindre, dans la vie, un semblant de beauté, d’élégance et de sincérité. *** Fernando Pessoa, Chronique de la vie qui passe, 1915

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mardi 13 avril 2010
par AFAFP
La vie des Blogs lundi 12 avril 2010
Notes sur Bernardo Soares partenaire de Pessoa
Paulo Siqueria (auteur)

Un hétéronyme-partenaire de Pessoa : Bernardo Soares Paulo Siqueira Le Blog

Le poète portugais Fernando Pessoa a créé non seulement des poésies mais aussi des poètes, chacun avec un nom propre (hétéronyme), un style, une philosophie, et même une biographie différente. Une seule de ses créatures, Bernardo Soares, écrivait en prose des textes fragmentaires depuis la jeunesse de l’auteur Pessoa jusqu’à sa mort. Ces textes n’ont été colligés pour une publication que cinquante ans après la mort de Pessoa sous la forme d’un livre dont l’auteur a annoncé la publication toute sa vie sans jamais la réaliser. C’est le livre aujourd’hui célèbre dans le monde entier "Livro do desassosego" (traduit en français sous le titre "Le livre de l’intranquillité").

Quelle place et quelle fonction Bernardo Soares a-t-il occupé comme symptôme-partenaire et nom propre pour Pessoa ? C’est la question à laquelle nous allons essayer de répondre.



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dimanche 11 avril 2010
par AFAFP
Frnando Pessoa
Une lecture de L’intranquillité

Mon nom est "Personne"

Déjà, j’avais essayé de lire James Joyce, son Ulysse. Un monument, nous disent les critiques. Ce fut peine perdue et j’arrêtai aux environs de la page quinze, subitement contraint à remettre en question ma faculté de compréhension... et d’appréciation.

Ulysse a beau être un livre culte, je préfère demeurer inculte. Je réessayerai dans vingt ans.

Fernando Pessoa, c’est autre chose. J’ai lu la moitié de son livre fort énigmatique (pour moi) « Le livre de l’intranquillité ». J’ai peut-être saisi la moitié de cette moitié.



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mercredi 10 mars 2010
par AFAFP
La vie des blogs
Anarchisme - Anarquismo
par Schabrières

Fernando Pessoa - Anarchisme (Anarquismo)

La nuit et le chaos font partie de moi. Je remonte au silence des étoiles. Je suis l’effet d’une cause du temps de l’univers et qui peut-être l’excède. Pour me trouver, je dois me chercher parmi les fleurs, les oiseaux, les champs et les villes, dans les actes, les mots et les pensées des hommes, dans la lumière du soleil et les ruines oubliées des mondes aujourd’hui disparus.

Plus je grandis, moins je suis. Plus je me trouve, plus je me perds. Plus je m’éprouve, plus je vois que je suis fleur et oiseau et étoile et univers. Plus je me définis, moins j’ai de limites. Je déborde tout. Dans le fond je suis le même que Dieu.

Ma présence actuelle contient les âges antérieurs à la vie, les temps plus vieux que la terre, les trous de l’espace avant que le monde soit.

Dans la nuit où sont nées les étoiles, j’ai commencé à me consteller d’être. Il n’y a pas un seul atome de la plus lointaine étoile qui ne participe à mon être. Parce que Alfonso Henriques a existé, je suis. Parce que Nun’Alvares a combattu, j’existe. Je serais autre - je ne serais pas, donc- si Vasco de Gama n’avait pas découvert la route des Indes et si Pomba n’avait gouverné. Shakespeare fait partie de moi. Cromwell a travaillé pour moi quand il a construit l’Angleterre. En triomphant de Rome, Henri VIII a fait de moi ce que je suis. Pour moi, Aristote a pensé et Homère chanté. En un sens mystique et profond véritablement [...], le Christ est mort pour moi, Il y a deux mille ans, un mystique indien dont j’ignore s’il a existé a pris part à mon être actuel. A ma présence d’aujourd’hui Confucius a édicté une morale. Le premier homme qui a découvert le feu, celui qui a inventé la roue, celui qui a conçu la flèche -si aujourd’hui je suis moi c’est parce qu’ils ont existé.

***

Fernando Pessoa (1888-1935) - Traduction de Séverine Rosset

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mercredi 17 février 2010
par AFAFP
La vie des Blogs
Métaphysiciens
ENDSEN
ENDSEN : Outre monde / entretien avec Thierry Acot-Mirande par Cendors
"Par métaphysiciens, il faut comprendre un éventail assez large de penseurs et de poètes visionnaires, parmi lesquels : Novalis, William Blake, Jorge Luis Borges, Fernando Pessoa H.P. Lovecraft, C.J. Jung, Wilhelm Reich, Carlos Suarès, ...
ENDSEN - Blog

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mercredi 17 février 2010
par AFAFP
La vie des Blogs
"Mots et sang des femmes" d’Ariane François-Demeester, enfin réédité.
J’ai eu envie de relire l’Ode maritime d’Alvaro de Campos, un des hétéronymes de Fernando Pessoa

Voici une de mes lectures récentes que je n’ai pas hésité à préfacer, à la demande de l’auteure. C’est un recueil de poésie totalement incontournable.

Expliquez-moi pourquoi, ayant relu plusieurs fois le long poème d’Ariane François-Demeester « Mots et sang des femmes », j’ai eu envie de relire l’Ode maritime d’Alvaro de Campos, un des hétéronymes de Fernando Pessoa. Ce que j’ai fait sans plus attendre, d’une traîte, le livre ouvert entre le soleil et mon visage, allongé près de mon pommier.
Dans ces deux textes continus et presque de même longueur, il y a, j’en étais sûr, la même force, la même profusion verbale, la même richesse poétique, dont on sort envoûté, pris aux tripes, secoué, essoufflé, ému jusqu’aux tréfonds de son âme. Deux thèmes cependant totalement différents, deux poètes qui sont aux antipodes l’un de l’autre dans leur création.
Pour bien faire, il faudrait aussi préalablement reprendre la lecture d’un recueil publié par Ariane dix ans plus tôt, « Mots sans propriétaires », afin de mieux comprendre le cheminement de la poétesse vers l’appréhension du langage, vers ce stade d’une évolution où les mots sont à elle, ces mots dont elle a fait un ouvrage couronné (Prix Delaby-Mourmeaux, 1998), « Mots et sang des femmes ».



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mercredi 14 octobre 2009
par AFAFP
La vie des Blogs
Bureau de Tabac
Autour de Pessoa

Blog > BUREAU DE TABAC – Alvaro de Campos [Fernando PESSOA] Edition UNES. Le 30/03/2009 à 09:40Fernando PESSOA

N°277 - Juillet 2007

BUREAU DE TABAC - Alvaro de Campos [Fernando PESSOA] Edition UNES.

C’est sans doute une drôle d’idée et assurément un manque d’humilité de ma part que de vouloir présenter ce poète qu’on ne présente plus, de vouloir parler de lui dont on parle encore, et pour longtemps encore, d’oser commenter une partie de son oeuvre... Eh bien j’ose puisqu’il me fascine toujours, davantage peut-être par ce qu’il a été que par ce qu’il a écrit..

C’est un bien étrange tableau que nous dessine Alavaro de Campos, alias Fernando Pessoa. Il est à la fois tout en nuances et plein de couleurs crues, de coups de pinceaux abrupts. La forme interpelle d’abord. Ce poème est écrit en strophes inégales et sans grande logique, alternativement descriptives (la rue)et introspectives (ses interrogations sur lui-même et sur le monde)en insistant toutefois sur ces dernières, sans beaucoup d’action, avec cependant des remarques de nature philosophique mais aussi inattendues, comme l’allusion au chocolat qu’une improbable petite fille est invitée à manger. L’auteur nous indique qu’il préfère cette friandise à la métaphysique ! Cela laisse une curieuse impression de phrases juxtaposées et parfois contradictoires, comme nées d’une écriture automatique.

Il semble que nous ayons affaire à quelqu’un de désespéré qui s’approche de sa fenêtre avec le sentiment diffus qu’il ne verra pas la fin de la journée. Nous n’avons pas de renseignements précis sur lui ni sur l’étage où se trouve cette ouverture, mais, j’ai l’impression qu’elle est au moins au premier, en ce sens qu’elle semble ouvrir sur un vide attirant. Cette impression suicidaire est corroborée par les idées fugitives qui sont couchées sur le papier, comme s’il était urgent de les exprimer au fur et à mesure qu’elles lui viennent. Tout commence par une sorte d’aphorisme [« Je ne suis rien »] qui évoque un sentiment d’impuissance, tout aussitôt suivi de son contraire[« Je ne peux vouloir être rien »], puis viennent pêle-mêle des remarques sur le monde auquel il appartient et qu’il va sans doute quitter. Il fait allusion à la mort, au destin, au temps qui passe, se dit lucide, perplexe, se déclare « raté » parce que le hasard ne lui a pas été favorable et il remâche ses échecs, que ceux-ci soient de sa faute [« Je jette tout par terre comme j’ai jeté ma vie - J’ai fait de moi ce que je ne pensais pas et ce que je pouvais faire de moi, je ne l’ai pas fait - J’ai enjambé la formation qu’on m’a donnée par la fenêtre de derrière »] ou simplement de celle du hasard [« Le domino que j’ai mis n’était pas le bon », pour aussitôt se demander s’il n’est pas au contraire un génie méconnu[« Génie ? En ce moment, cent mille cerveaux se prennent en rêve, comme moi, pour des génies »], ce qui engendre une interrogation sur lui-même[« Que sais-je ce que je serai, moi qui ne sais qui je suis ? »], une sorte d’auto-suffisance de celui qui a toujours été incompris et qui dénonce le côté dérisoire de cette vie [« Toujours une chose aussi inutile que l’autre, toujours l’impossible en face du réel »]. Il se sent en ce monde « comme en exil », « comme un chien toléré par la direction parce qu’il est inoffensif » avec la mort « qui moisit les murs et blanchit les cheveux des hommes » et dont on ne sait, en cet instant, s’il la souhaite ou s’il la redoute.

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mercredi 14 octobre 2009
par AFAFP
La vie des blogs
Le chien d’Ulysse, blog littéraire de Salim Bachi
Autour de Pessoa

Livre de l’Intranquillité

Le poète et ses hétéronymes créent de son vivant même sa légende poétique et historique - il serait vain ici de séparer l’homme de ses créatures : Pessoa s’inscrit de lui-même dans une trame mythique. Mais revenons à cette situation même du doube exil, à la fois physique et historique, puisqu’il s’agit en somme pour le poète de reconquérir à la fois l’espace de l’enfance et la grandeur perdue du Portugal. Comment donner naissance à ce qui n’est plus pour fonder une esthétique de la modernité ? Comment accepter de se dissoudre, de disparaître dans l’étrangeté d’une situation subie et monotone, pour donner vie à des avatars de papier et d’encre chargés de reconquérir le monde ? J’ai l’impression que cette situation de Fernando Pessoa à Lisbonne, au début du vingtième siècle, est la situation vécue par nombre d’artistes contemporains, eux-aussi ballottés par les accidents de l’histoire, dans l’exercice périlleux de ce double exil, sorte de gymnastique existentielle qui s’avère parfois féconde - il faut du moins l’espérer -, au risque même de la dissolution de l’être.

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dimanche 26 juillet 2009
par AFAFP
theatre-danse.fluctuat.net/blog
Ode maritime : Régy monte Pessoa
Posté par JdF le 17.07.09

Posté par JdF le 17.07.09 à 10:14 | tags : festival, festival d’avignon, théâtre

D’abord l’impression d’arriver dans un hub, une plate-forme aéroportuaire internationale : au milieu d’un de ces no man lands que constituent les abord des villes occidentales, bordée de gazons que l’on s’obstine à arroser au jet et de plans de lavande, se dresse une longue bâtisse high-tech, murs blancs et lisses, verrières, décoration intérieur en teck : tout est beau transparent et isolé du réel... Est-ce un lieu choisi en fonction du spectacle qui est programmé, mystère... toujours est-il qu’il renvoie à l’impression que donne Fernando Pessoa de n’être jamais nulle part et surtout pas là où il est supposé se trouver.

Car le dernier spectacle de Claude Régy est une récitation (ou profération, disons) par Jean-Quentin Châtelain d’Ode maritime, texte où Pessoa, rivé au rivage, fantasme sur les mers, les îles et les lointains littoraux. Comme dans tous les spectacle de Régy, la scène est plongée dans une semi-obscurité, l’acteur sur un ponton d’acier, devant un fond de scène incurvé, est éclairé de manière minimaliste et extrêmement précise : la lumière tantôt le noie dans un halo blanchâtre, tantôt entoure son visage d’un cadre blanc.

Jean-Quentin Châtelain a travaillé sa diction, déjà particulière, pour donner corps au texte, le faire sortir comme un souffle, un râle, un hoquet : il ne parle pas, il inhale, mugit, halète, toute gestuelle lui étant interdite, son corps vit tout entier dans une effarante performance vocale.

Ode maritime de Fernado Pessoa, mise en scène de Claude Régy, avec Jean-Quentin Châtelain, jusqu’au 25 juillet, à 22h, salle Montfavet.

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samedi 11 juillet 2009
par AFAFP
Du 9 au 25 juillet au Festival d’Avignon
Ode Maritime de Fernando Pessoa, mise en scène Claude Régy
Avec : Jean-Quentin Châtelain

Avec Claude Régy, l’imaginaire nous sauve d’un réel souvent éprouvant en nous ouvrant des espaces de rêve et de mystère qui touchent au plus profond de notre nature humaine. Sa rencontre avec Fernando Pessoa, auteur qui ne vécut que par les songes, par divagations successives et démultiplication de lui-même, était sinon inévitable, du moins naturelle. Dans un monde moderne où la réalité est fortement mise en doute par le virtuel, faire entendre le poète portugais dans ce qu’il a de plus violent et de plus délirant revient à plonger dans ce que la création artistique a de plus nécessaire. Dans cette Ode maritime, on se brûle aux limites d’un univers de violence et de cruauté, magnifié par un lyrisme débordant, rageur, extrême. Il n’y a que Pessoa pour évoquer le chaos du monde en agençant les mots d’une façon aussi précise, aussi structurée. Et il n’y a que Claude Régy pour bousculer une nouvelle fois les certitudes d’un théâtre qui pourrait nous rendre plus consommateurs que spectateurs agissants. Ensemble, à ceux qui veulent aller au plus loin dans la liberté des désirs, il propose un exaltant périple imaginaire. Ici, la mer est bien plus qu’une immense étendue d’eau : c’est un appel au voyage, dans la lignée de ceux lancés en leur temps par Samuel Taylor Coleridge ou Walt Whitman. Mais en écoutant les mille vers qui composent Ode maritime, on perçoit que ce n’est pas seulement la mer, présente sans être clairement décrite, qui intéresse Pessoa, mais aussi et surtout le monde des navires, le monde des machines, le monde moderne. En dénonçant au passage les campagnes impérialistes de sa nation et la violence qui en résulta contre les populations colonisées, il fait ici œuvre iconoclaste dans un pays qui vécut et survécut longtemps grâce à ses possessions territoriales lointaines. C’est par la voix unique de Jean-Quentin Chatelain que seront suggérées toutes les nuances de ce texte qui ne refuse ni le lyrisme envoûtant, ni le cri terrifiant, ni même la douceur d’un murmure chuchoté.

Jean-François Perrier

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Alexandre Barry (Assistant(e) à la mise en scène) , Philippe Cachia (Création son) , Rémi Godfroy (Lumières) , Sallahdyn Khatir (Scénographe) , Claude Régy (Lumières) Sallahdyn Khatir (Costumes, lumière), texte français de Dominique Touati, revu pour le spectacle par Parcídio Gonçalves et Claude Régy



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samedi 4 avril 2009
par AFAFP
Les échanges cliniques d’Epidaure
F. PESSOA ou l’inconnu ubiquitaire
24-27 juin 2009 au Portugal

Programme
-  Arrivée à l’hôtel (Estoril) en milieu de matinée ou en fin d’après-midi en fonction du vol choisi.
-  Temps libre Séance plénière : Accueil et introduction (1h00) Pr. Charles-Siegfried PERETTI (Paris) « F. PESSOA ou l’inconnu ubiquitaire » Pr. Maurice FERRERI (Paris)
-  Dîner à l’hôtel
-  Nuit à l’hôtel Mercredi 24 juin 2009 Découvrez la magnifique ville de Sintra et ses chefs d’oeuvres architecturaux classés au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco. Imprégnez-vous de l’ambiance des quartiers populaires de Lisbonne où est né le Fado, et appréciez un dîner spectacle (Fado) dans un décor typique et chaleureux.

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vendredi 28 octobre 2005
par AFAFP
La Grande Ame Portugaise
L’Avril au Portugal s’est passé pour Mr Kayserling en 1930.

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